Récit

Gâteau blanc

Le gâteau blanc est la première recette que j’ai cuisiné à vie. J’avais deux ans et je ne pouvais concevoir qu’un anniversaire sans gâteau, soit un vrai anniversaire. Aussi, pour l’anniversaire de ma mère, je m’étais levée avant tout le monde pour faire un gâteau, car j’avais remarqué qu’elle était la seule qui n’avait pas de gâteau le jour de sa fête.

Bien sûr à deux ans, j’ai simplement copié les gestes que j’avais vu ma mère faire. L’idée c’était de tout mélanger, mettre dans un moule et attendre son réveil pour le faire mettre au four.

Debout sur une chaise, j’avais sorti en premier lieu l’élément le plus important, les chandelles. Ensuite, il suffisait de mettre de la farine, du sucre, des oeufs et du lait dans le grand bol rouge qu’il y avait dans le garde-manger.

Tout allait bien jusqu’à ce que je mette le lait. Trop liquide. Et j’ai rajouté de la farine, puis du lait, puis de la farine et… ma mère s’est réveillée. Devant son regard, j’ai eu peur d’avoir gaffé, d’autant plus que la cuisine et moi, on était dans un sale état et je vous fais grâce de la trace de farine qui partait du garde-manger! Mais elle a souri et a repris le gâteau en entier. Et c’est comme ça qu’au diner, ma mère a eu son propre gâteau de fête avec des chandelles.

Des années plus tard, ma mère m’a fait recopier une recette similaire dans son cahier quatre couleurs. Elle l’avait prise directement sur le contenant de shortening Fluffo et elle y ajoutait des bleuets faire une poutine aux bleuets comme disait ma grand-mère. D’ailleurs, imaginez ma surprise lorsque la poutine (frites, sauce brune et fromage) est apparue sur les menus!! Pour moi, une poutine, ça contenait des bleuets!!!

Encore aujourd’hui, ce gâteau est la base de plusieurs de mes gâteaux. Il est tellement facile d’y ajouter toutes sortes de saveurs ou de fruits… à poutine 😉

Celli

https://cellirelcenecrivaine.wordpress.com/2013/12/31/recette-de-gateau-pouding-au-bleuets/

Récit

La crème de tomates… un met réconfortant?

15 décembre 2013

La crème de tomates… un met réconfortant?

J’ai compris très vite qu’un repas sans soupe, ce n’était pas un vrai repas. À la maison, il y avait toujours de la soupe. Que je le veuille ou non, il fallait la manger sinon, pas de dessert. D’ailleurs, j’y pense, pourquoi on entendait jamais « si tu ne manges pas ta soupe tu n’auras pas de poisson? De ragoût de boulettes? Non, c’était toujours pas de dessert.

 Alors chaque jour, il fallait la manger. Chaque jour, il fallait soit la faire, soit aller en chercher dans un plus petit chaudron au frigo du sous-sol. Pour moi, c’était toujours un périple. Ledit frigo étant situé juste à côté de la fournaise, celle qui me faisait si peur avec ses tuyaux bleus et argentés et son bruit horrible chaque fois qu’elle démarrait. J’avais vraiment peur et encore aujourd’hui, la vue des tuyaux ne me rassure pas. Étrange, non?

Bien sûr les sortes de soupe variaient : soupe au barley (à l’orge), aux patates, aux tomates, aux pois (la préférée de mon père). Avec le recul, les soupes cuisinées par ma mère étaient toutes délicieuses, sauf peut-être les fonds de chaudronne. C’est juste qu’à l’usure, on s’en lassait.

Il y avait tout de même une sorte de soupe qui à tout coup gagnait mon cœur par son caractère réconfortant : la crème de tomates. Mais pas n’importe laquelle, la Aylmer. Elle avait ce petit quelque chose de différent comme le fait d’être une crème et de venir d’une boîte. Et qu’elle m’était servie en plein après-midi par ma grand-mère.

Le dimanche, nous allions toujours passer l’après-midi et souper chez ma grand-mère où habitait aussi un de mes oncles. Ce dernier, l’hiver nous amenait faire du ski doo (ou motoneige, mais à l’époque on disait toujours Ski Doo, comme la marque de commerce) et lorsque nous rentrions, ma grand-mère ouvrait une boîte de crème de tomates qui à l’instar du chocolat chaud, nous réchauffait après quelques heures de plein air. La soupe devenait alors réconfortante! Encore aujourd’hui, en temps de déprime, rien de mieux qu’une crème de tomates parsemée de cubes de fromage.

Plus tard au Cegep, la crème de tomates allait devenir la seule soupe autorisée à entrer dans mon appartement. Maintenant que j’avais l’opportunité de ne plus en manger à tous les repas…

Pendant longtemps, j’ai très peu cuisiné, je n’y voyais pas l’intérêt (pour mieux comprendre, lisez mon prochain blogue 🙂 . Par contre, je possédais sur le bout de mes doigts douze recettes et elles revenaient en rotation. Et même si cela peut paraître simpliste ou carrément niaiseux, la crème de tomates faisait partie de ces douze recettes.

Celli

https://cellirelcenecrivaine.wordpress.com/2018/07/25/creme-de-tomates/

Les envolées de Celli

L’étiquette

Dans 18 jours, ce sera Noël et je me suis dit qu’il serait important de se rappeler les règles de l’étiquette… Façon 1945 🙂

À quoi sert la serviette de table en public ou en visite?
On la met sur ses genoux non complètement dépliée. On s’en sert pour s’essuyer les lèvres seulement. Le repas terminé,elle est déposée, non pliée, près de l’assiette.
(Que fait-on si nos doigts sont sales ou que nous ne sommes pas en visite ou en public? On s’essuie sur la nappe?)

Comment mange-t-on de la viande?
On coupe la viande par bouchées, morceau par morceau, en tenant la fourchette de la main gauche et le couteau de la main droite. On porte la viande à la bouche à l’aide de la fourchette.
(on ne précise pas ici si il faut garder la fourchette dans la main gauche pour manger la bouchée)

Où doit-on déposer les os en mangeant?
Quand la chair en a été enlevée, on les dépose sur le bord supérieur de l’assiette opposé à celui qui est près de soi.
(un grand merci à St-Hubert qui a eu l’idée d’inventer la petite assiette pour les os)

Doit-on prendre de tous les plats?
Il est loisible de ne pas goûter tous les plats, mais à condition de ne pas avoir l’air de se réserver pour les plus succulents.
(loisible?????)

Quel usage fait-ton de la serviette de table en famille?
En famille il est permis d’attacher sa serviette à son col ou à sa boutonnière, afin de préserver davantage ses vêtements.
(voilà ma réponse pour ce qui est de la bouffe en famille, mais pour les doigts, je suis toujours sans réponse)

Dans quel défauts tombent certaines personnes oublieuses des règles de l’étiquette?
Elles manifestent leur goût ou leur répugnance pour certains mets, elles palpent les fruits pour connaître leur degré de maturité ou choisir le meilleur.
(Hum! Me voilà bien embêtée, moi qui aime palper les fruits et légumes, sentir les effluves du mets et tasser fortement loin de moi, les petits pois verts et tout ce qui contient du beurre d’arachides. Sans être impolie, il me semble que ça fait partie de l’expérience gastronomique!)

Comment reconnaît-on qu’un enfant est mal élevé?
L’enfant mal élevé est capricieux. Il ne trouve rien à son goût. À commencer par la soupe, il y a des mets auxquels il ne touche pas; d’autres qu’il fait semblant de manger pour ne pas être privé de dessert. Il lui faudrait des langues de rossignols ou des cervelles d’autruches pour le satisfaire.
Mafalda de tous les pays levez-vous contre les adeptes de la soupe! Et que la PÉTA protège les rossignols et les autruches. En tant qu’enfant difficile, je refuse d’être accusée de la disparition des autruches et des rossignols. Et pour ce qui est de la soupe, je ne parlerai qu’en présence de mon avocat.

J’espère que vous avez apprécié cette petite incursion dans l’histoire. Moi, ce petit bout d’étiquette et de politesse à table m’a presque autant plu que le chapitre sur la propreté du corps…

Celli

Source : Manuel d’hygiène, de bienséance, de civisme, approuvé par le Comité catholique du Conseil de l’instruction publique, rédigé par une réunion de professeurs, Montréal, 1945.