La Bouquinière

La Bouquinière

De New York à la Provence

Le chardonneret de Donna Tartt (Plon, 2013)…Je suis encore sous le choc. Je n’arrive pas à trouver les les mots pour décrire la délectation que j’ai éprouvée à la lecture de cette dernière publication de Donna Tartt. Même si l’histoire est encombrée et que Boris aurait très bien pu n’avoir passédans la vie de Theo que le temps de prendre un verre. Selon moi, toute la partie de Las Vegas était longue et presque inutile, un chapitre vite réglé aurait suffi. Ce qui finalement aurait eu pour effet de changer la suite des choses concernant la place de Boris dans la vie de Theo et du Chardonneret. Ça y est, je vais être obligée de m’imaginer une autre finale ! Intéressant…

Pourtant de suivre Theo de New York à Las Vegas en passant par Amsterdam, vivre ses angoisses, son regard sur la beauté du Chardonneret de Fabritius, faire partie des relations qu’il a avec sa mère, les Barbour qui le recueille et plus tard Hobbies, m’a beaucoup plu. J’ai vraiment ressenti son angoisse, sa détresse d’enfant et les effets sur sa vie d’adulte. Nos batailles intérieures sont souvent incompréhensibles pour les autres et je crois qu’il peut être difficile pour un écrivain de les décrire afin que si elles sont incomprises, elles soient du moins ressenties par le lecteur. Et cela, Tartt l’a réussi. Un roman initiatique, à la trame inégale certes, mais dont on ne peut se détacher.

Le personnage de Theo est bien sûr présent tout au long du livre, mais c’est l’ombre du Chardonneret planant au-dessus de l’intrigue qui parfois lui vole la vedette, même lorsqu’on essaie de nous le faire oublier. C’est lui qui a marqué Theo et sa mère, qui la lui rappelle, qui hante sa vie et notre lecture. Car comme le dit Hobbies, ami, tuteur et associé de Theo :

« Tu peux passer une vie àaller au musée de manière tout àfait sincère, déambuler partout tout en profitant de chaque seconde (…) Mais (…) si un tableau se fraie vraiment un chemin jusqu’àton cœur et change ta façon de voir, de penser et de ressentir (…) À toi, à toi. J’ai été peint pour toi. (…) Le clou sur lequel ta destinée est susceptible de s’accrocher et de se déchirer. »

Le mont Sainte-Victoire de Cézanne, voici où ma destinée s’est accrochée un jour dans une salle de classe d’histoire de l’art. Et depuis, je n’ai de cesse de le connaître dans sa réalité artistique et géographique, dans celle de Cézanne. Comme quoi l’art peut venir marquer nos vies de bien des manières. Parfois, c’est un événement tragique comme Théo qui le place dans nos vies et parfois, c’est sur l’écran blanc d’une salle de cours qu’il apparaît pour mieux nous habiter.

Celli

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