Les envolées de Celli

Les fées ont soif

La pièce de théâtre de Denise Boucher a été remise en scène pour la première fois au théâtre de La Bordée de Québec depuis la polémique créée en 1978 par sa première présentation sur les planches du TNM à Montréal.

Trois femmes, trois comédiennes – Sophie Clément, Louisette Dussault et Michèle Magny – trois rôles – putain, mère, vierge – se côtoient dans un texte puissant toujours aussi pertinent et d’actualité.

À l’époque, la pièce avait été victime de censure, de protestation de la part de groupes chrétiens traditionalistes, a perdu sa subvention du Conseil des arts de Montréal et pourtant, Jean-Louis Roux, le directeur artistique de l’époque l’a présentée et elle a été jouée devant des publics qui l’ont applaudie avec enthousiasme et fierté.

J’avais 13 ans lorsque tous ces événements sont arrivés et même si je ne comprenais pas l’entièreté des articles de journaux qui tombaient sous ma main, je sentais un malaise au plus profond de mon corps de femme en plein réveil. Déjà, je sentais l’appel du féminisme.

Et vendredi dernier, c’est trois comédiennes – Lise Castonguay, Marie-Ginette Guay et Lorraine Côté – au jeu sublime, dans une mise en scène étonnante que j’ai pu voir déclamer le texte de Denise Boucher où des sujets du présent, sur écran ou dans un mot personnel des comédiennes, venaient côtoyés ceux du passé, nous disant que la lutte était encore utile. Bien des choses ont changé, évoluées, mais il reste encore beaucoup à faire pour la dignité, l’égalité, l’équité…

Particulièrement aujourd’hui, où chaque matin on ne cesse de nous parler d’austérité.

Celli

Pour en savoir plus ou pour la voir :

Les fées ont soif de Denise Boucher au Théâtre de La Bordée (http://www.bordee.qc.ca/saison/les-fees-ont-soif.html) du 16 septembre au 11 octobre 2014.
http://www.lapresse.ca/le-soleil/arts-et-spectacles/theatre/201409/17/01-4801243-les-fees-ont-soif-les-betes-feroces-de-lespoir.php

http://www.lapresse.ca/le-soleil/arts-et-spectacles/theatre/201409/13/01-4799814-les-fees-ont-soif-levolution-dune-piece-marquante.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4799815_article_POS1

http://www.lapresse.ca/le-soleil/arts-et-spectacles/theatre/201409/13/01-4799814-les-fees-ont-soif-levolution-dune-piece-marquante.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4799815_article_POS1

Les envolées de Celli

L’histoire, la Vraie!

Pendant que je cogite à une nouvelle mouture de mon blogue, je vous propose ce texte publié en avril 2013 dans le journal de la Téluq, le Sans Papier, sur la révision du programme d’histoire au Québec. Bonne lecture!

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Dans les années 1950, pendant quelques étés, un groupe d’hommes proche de la politique ou carrément élus venaient avec enfants, épouses et chauffeurs, rendre visite à mon grand-père. Pourquoi, l’histoire ne le dit pas. J’aime à penser que mon grand-père avait une certaine sagesse qu’ils aimaient partager. Mon père m’a raconté souvent la fois ou inquiète, les épouses avaient cherché leurs maris et les avaient retrouvés dans l’atelier très joyeux après quelques consommations! Elles les rapatriaient avec l’aide des chauffeurs et ils filaient vers leur maison d’été dans le bas du fleuve ou en Gaspésie.

Cette histoire-là ne fait pas partie de l’histoire avec un grand H. D’ailleurs, avoir répété cela en cours, on ne m’aurait jamais crue. Tout comme l’histoire de Roosevelt descendant à sa maison de xxx qui serait arrêté manger du chiard chez mes grands-parents. Aujourd’hui, je m’étonnerais de voir arriver Pauline Marois sur l’heure du diner et qu’elle se joigne à la famille sans flaflas.

Pourtant, ce sont ces petites histoires qui selon moi, racontent l’esprit des personnages qui ont fait l’histoire. Et dans en faire un objectif pédagogique, ils peuvent venir agrémenter la matière transmise par les professeurs. À l’heure où l’on révise les programmes d’histoire et où la polémique fait œuvre, il serait intéressant de se rappeler que tous les faits peut importe leur allégeance font partie du tout historique. Tant l’aspect fédéraliste que l’aspect séparatiste.

Le Québec a une histoire bien à lui n’en déplaise à certains. La qualifier de nationale ou d’histoire tout court n’est que sémantique. Depuis la conquête par les Anglais, elle a fait œuvre de différence, de distinction à travers celle du pays entier. Qu’elle soit traitée différemment dans l’ensemble n’est que naturel.

Par contre, il ne faut pas occulter le reste. L’histoire du Québec s’imbrique dans l’histoire du Canada. Et il demeure important de signifier les deux aspects de l’histoire. D’ailleurs, même si le côté nationaliste est un peu moins présent dans le reste du Canada, il n’en demeure pas moins que ce pays est une mosaïque de cultures à l’histoire plurielle. On ne peut décrire l’est du pays et en faire une règle générale englobant l’ouest, car ce serait inexact. Il en va de même lorsqu’on traite la Conquête comme un changement simple d’allégeance alors que cela a eu des conséquences sociales et politiques au Québec qui ne peuvent être occultées. Tout comme on ne peut pas dire que la déportation des Acadiens c’était juste un changement d’adresse à faire pour eux. Il y a plus et il y a tout.

On ne peut orienter l’histoire ni d’un côté, ni de l’autre. La révision des programmes au primaire et au secondaire doit se faire en toute impartialité. Telle que devrait le faire un ensemble d’historiens et de didacticiens sérieux et indépendants. En attendant que le dossier de la révision s’enclenche, je vais aller préparer le diner. On ne sait jamais, la première ministre pourrait arriver sans s’annoncer 🙂

Note : La révision du programme d’histoire est rendue, en 2014, à l’étape du test. http://www.ledevoir.com/societe/education/400095/quebec-s-apprete-a-tester-le-nouveau-cours-d-histoire-au-secondaire