Les envolées de Celli

L’histoire, la Vraie!

Pendant que je cogite à une nouvelle mouture de mon blogue, je vous propose ce texte publié en avril 2013 dans le journal de la Téluq, le Sans Papier, sur la révision du programme d’histoire au Québec. Bonne lecture!

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Dans les années 1950, pendant quelques étés, un groupe d’hommes proche de la politique ou carrément élus venaient avec enfants, épouses et chauffeurs, rendre visite à mon grand-père. Pourquoi, l’histoire ne le dit pas. J’aime à penser que mon grand-père avait une certaine sagesse qu’ils aimaient partager. Mon père m’a raconté souvent la fois ou inquiète, les épouses avaient cherché leurs maris et les avaient retrouvés dans l’atelier très joyeux après quelques consommations! Elles les rapatriaient avec l’aide des chauffeurs et ils filaient vers leur maison d’été dans le bas du fleuve ou en Gaspésie.

Cette histoire-là ne fait pas partie de l’histoire avec un grand H. D’ailleurs, avoir répété cela en cours, on ne m’aurait jamais crue. Tout comme l’histoire de Roosevelt descendant à sa maison de xxx qui serait arrêté manger du chiard chez mes grands-parents. Aujourd’hui, je m’étonnerais de voir arriver Pauline Marois sur l’heure du diner et qu’elle se joigne à la famille sans flaflas.

Pourtant, ce sont ces petites histoires qui selon moi, racontent l’esprit des personnages qui ont fait l’histoire. Et dans en faire un objectif pédagogique, ils peuvent venir agrémenter la matière transmise par les professeurs. À l’heure où l’on révise les programmes d’histoire et où la polémique fait œuvre, il serait intéressant de se rappeler que tous les faits peut importe leur allégeance font partie du tout historique. Tant l’aspect fédéraliste que l’aspect séparatiste.

Le Québec a une histoire bien à lui n’en déplaise à certains. La qualifier de nationale ou d’histoire tout court n’est que sémantique. Depuis la conquête par les Anglais, elle a fait œuvre de différence, de distinction à travers celle du pays entier. Qu’elle soit traitée différemment dans l’ensemble n’est que naturel.

Par contre, il ne faut pas occulter le reste. L’histoire du Québec s’imbrique dans l’histoire du Canada. Et il demeure important de signifier les deux aspects de l’histoire. D’ailleurs, même si le côté nationaliste est un peu moins présent dans le reste du Canada, il n’en demeure pas moins que ce pays est une mosaïque de cultures à l’histoire plurielle. On ne peut décrire l’est du pays et en faire une règle générale englobant l’ouest, car ce serait inexact. Il en va de même lorsqu’on traite la Conquête comme un changement simple d’allégeance alors que cela a eu des conséquences sociales et politiques au Québec qui ne peuvent être occultées. Tout comme on ne peut pas dire que la déportation des Acadiens c’était juste un changement d’adresse à faire pour eux. Il y a plus et il y a tout.

On ne peut orienter l’histoire ni d’un côté, ni de l’autre. La révision des programmes au primaire et au secondaire doit se faire en toute impartialité. Telle que devrait le faire un ensemble d’historiens et de didacticiens sérieux et indépendants. En attendant que le dossier de la révision s’enclenche, je vais aller préparer le diner. On ne sait jamais, la première ministre pourrait arriver sans s’annoncer 🙂

Note : La révision du programme d’histoire est rendue, en 2014, à l’étape du test. http://www.ledevoir.com/societe/education/400095/quebec-s-apprete-a-tester-le-nouveau-cours-d-histoire-au-secondaire

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