Les envolées de Celli

Le secondaire, le marché et Fannie Flagg

Samedi dernier avait lieu une rencontre de mon alma mater du Collège Sainte-Anne. Environ une vingtaine de personnes étaient présentes. Moi, je n’ai pu m’y rendre, mais la magie des médias sociaux m’a permis de renouer avec plusieurs des membres notre groupe, le 153e à graduer dans cette institution de La Pocatière.

De les lire, de voir les photos, tant les avants que les après m’a ramenée plus de trente ans en arrière, non seulement dans les affres de l’adolescence, mais aussi dans les joies, les peines, les cours de français que j’adorais, les cours de maths qui m’angoissaient, les milliers de livres disponibles à la bibliothèque, les pièces de théâtre et bien sûr, les amis.

Que de moments forts et puissants, de « ils vont-tu nous laisser la paix », d’idées, de récits, de vie. Le secondaire, bien qu’on veuille à un certain moment de notre vie s’en distancier, il revient parfois nous visiter parce qu’à un certain moment de notre vie, c’est lui qui nous a façonnés et outillés.

J’y repense tout en regardant le fil de discussion et je suis fière, fière de ce que je suis et fière de faire partie du 153e cours.

Dans un autre ordre d’idée, je suis allée dimanche dernier au marché du Vieux-Port de Québec. Un marché rempli de produits frais, appétissant. Un marché que la Ville veut déménager dans le sillon du nouvel amphithéâtre. Certes, il a besoin qu’on le revampe un peu, mais pourquoi déménager un service de proximité, un marché situé dans un environnement touristique et historique, un lieu d’inspiration gastronomique? Pour moi, ce déménagement est comme un non-sens. C’est comme déménagé une ferme en plein milieu d’un parc industriel où l’on a aménagé des espaces verts pour faire plus joli.

Pour terminer, une lecture : Miss Alabama et ses petits secrets de Fannie Flagg (Cherche-midi, 2014). C’est le titre m’a d’abord attirée puis, à la lecture du quatrième de couverture, j’ai été conquise. Une femme de soixante ans, ancienne miss Alabama, traîne un spleen et décide de mourir tandis qu’elle est encore belle. Elle décide de la date, organise la fin de sa vie et sa mort, est prête à partir lorsqu’arrive le premier élément qui la fait retarder son projet entraînant dans son sillon… Je m’arrête avant d’en dire trop. L’écriture de Fannie Flagg est dynamique, amusante et profonde à la fois. Et malgré le sujet grave du livre, le spleen profond que l’on sent chez cette ancienne miss Alabama, on a envie de savoir qu’on se trompe sur la fin ou pas.

Avant de finir, saviez-vous que Fannie Flagg a incarné l’infirmière Wilkins dans le film tiré de la comédie musicale Grease? C’est pour dire des fois.

Celli

Les envolées de Celli

Mes découvertes

J’adore me promener à travers les étagères des librairies de livres usagés. Fouiller, feuilleter, chercher, s’étirer, tirer un livre et en trouver un autre caché derrière, découvrir une lettre ou une carte postale comme marque-page, retrouver un livre qu’on avait perdu, découvrir un livre mal classé qui finalement est une découverte de première classe, chasser « LE » livre jusqu’à le trouver.

C’est tout simplement divin!

Même en voyage, je ne peux m’empêcher de bouquiner à travers les livres usagés. C’est ainsi que lors de mes dernières vacances à Philadelphie, je suis allée bouquiner à la librairie The Book Trader sur la deuxième rue. Wow! Deux étages de découvertes. J’y ai d’ailleurs trouvé Mastering the art of French cooking de Julia Child (Knopf, 1967). Je ne compte pas, à l’instar de Julie Powell, faire chacune des recettes, mais en explorer certaines et les comparer avec celles de Jehane Benoit… Disons que cette perspective me tente beaucoup.

Comme j’étais sur une lancée dans ma quête de livres, j’ai passé quelque temps Au lieu du livre à Québec d’où je suis ressortie avec le livre Papilles et molécules de François Chartier (Éditions La Presse, 2009), Sur la route de Jack Kerouac et un collectif de Hélène-Andrée Bizier et Robert-Lionel Séguin (Art global, 2004) intitulé Le menu quotidien en Nouvelle-France paru selon le quatrième de couverture comme « un avant-goût du 400e anniversaire de la fondation de Québec ». L’été dernier, j’y avais aussi trouvé le Larousse gastronomique, édition 1984. 🙂

Profitant de ce même élan, je me suis rendue le lendemain au Colisée du livre, rue St-Jean. Le Colisée et moi avons un long passé de fréquentations. Lorsque je suis arrivée à Québec au milieu des années ’80, ça a été pour moi l’endroit par excellence pour trouver mes lectures. Étudiante, pas beaucoup de sous, c’était l’endroit idéal. J’y ai rencontré Mafalda, Marilyn French, Gary Jennings, Jacques Godbout, Louis Caron, Robert Ludlum, Judith Michael et plusieurs autres. Ces rencontres se sont poursuivies encore sur plusieurs années.

Quelle a donc été ma surprise d’apprendre que cette librairie de livres usagés allait fermer dans deux mois! Dans ma tête, des milliers de souvenirs se sont bousculés pour créer chez moi un désir frénétique d’acheter tout ce que je pouvais avant la fin. J’ai encore les épaules endolories d’avoir transporté les tomes 2 et 5 des livres de recettes Qu’est-ce qu’on mange? du Cercle des Fermières et une demi-douzaine de romans.

Cette nouvelle m’a attristée plus que je ne le pensais. C’est comme si une partie de ma vie de jeune adulte s’envolait. J’ai été bien inspirée d’écrire sur cette librairie dans le troisième tome de mon roman graphique. Ainsi, les mots le feront vivre encore, même si dans les faits, il n’existe plus.

Celli