Les envolées de Celli

Vieillir

Vieillir, ça devrait être beau. On devrait pouvoir enfin profiter de notre sagesse et de notre expérience de la vie pour connaître mansuétude et sérénité. Pour vivre avec la conviction d’exister vraiment, d’être utile à la société, de pouvoir encore profiter des plaisirs de la vie.

Et pourtant, pour plusieurs tout s’arrête. Tout ce qui leur reste à faire, c’est de vieillir sans trop déranger. C’est de se faire souvent juger par sa lenteur, cette lenteur qui habite la vie en attendant d’avoir 102 ans et le doit qu’on parle de toi aux nouvelles où on se demandera sûrement quel est le secret de cette longévité.

Le regard sur la vieillesse est teinté de préjugés parce qu’un vieux en fin de compte, c’est laid. C’est tout plissé, ça dit des choses d’un autre âge, ça bûche devant un ordinateur, mais surtout, ça écoute de la musique vraiment passé date!! Tellement qu’on ne peut l’appeler vintage.

Oui, il y en a des vieux plates et acariâtres, mais il y a aussi des jeunes qui sont comme ça. Et il existe des personnes âgées dynamiques au savoir incommensurable. Des personnes qui continuent à vivre malgré les petits bobos et les restrictions. Elles sortent, font du bénévolat, du sport, suivent des cours à l’université. Et lorsqu’elles te parlent de leur vie, il y a toujours une information intéressante qui nourrit ton imaginaire ou t’aide à réfléchir. Il suffit de regarder autour de soi et d’apprécier leur présence.

Dernièrement, j’ai lu de nombreux articles sur le vieillissement. Des histoires de personnes en résidence qui perdent le goût de vivre après la mort d’un être cher, des personnes qui ne voient plus la lumière au bout du tunnel et qui attendent la mort, tout simplement. D’autres qui même si encore à un âge de profiter à la société se font dire qu’ils sont trop vieux même si le gouvernement pense le contraire ces temps-ci. La déception qui accompagne chaque refus peut venir à bout de bien des optimismes. Ou bien, ces personnes en CHSLD qui sans le soutien d’une famille souffrent d’un manque de soins pas parce que les préposés travaillent mal, non, ces effets néfastes sont souvent purement administratif. Dans ces cas-là, la joie de vivre n’est plus qu’un concept inaccessible.

À la lecture de ces histoires, j’ai été atteinte d’une profonde tristesse.

Bien vieillir, c’est presque un droit, un droit qui permet à tous de vivre dignement. Un droit qui donne aussi une place à chacun dans la société sans hypothéquer celle de la jeunesse, sans limiter celle de la vieillesse. Au contraire, au lieu de s’éloigner, les générations devraient fabriquer des ponts qui leur permettraient de se rapprocher, d’échanger et de fabriquer une société  pluraliste, ouverte sur l’autre. Une société qui ne réagit pas comme une fratrie boudeuse, envieuse. Une société qui comprend que ce qui est arrivé avant est la base du présent et le tremplin du futur.

Celli

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