Récit

La chaise de grand-papa

Mon grand-père a été gardien du phare le pilier de pierre en face de Saint-Jean-Port-Joli sur le fleuve Saint-Laurent. Pendant ses temps libres, il fabriquait des maquettes des voiliers qu’il voyait voguer sur le fleuve du haut de son phare.

Plus tard, ce hobby est devenu son métier, celui de mon père, de ma mère et pendant quelques années de mon frère. Moi, eh bien! j’étais l’écrivain de la famille. Les articles, les lettres, les historiques, les traductions, ç’a été mon lot dans l’entreprise familiale jusqu’à ce que mon père prenne sa retraite.

De toute cette aventure lors de la vente de l’atelier, il m’est resté, outre quelques bateaux, un banc et une chaise.

La chaise appartenait à mon grand-père. C’est assis là qu’il sculptait, peignait, montait, gréait ses bateaux. On y remarque les coups de couteaux, de ciseaux, de pinceaux. On n’y voit pas par contre, les histoires qu’il racontait aux vieux de la paroisse, aux touristes, à ses amis.

Heureusement pour moi, mon père y était et les entendait. C’est comme cela que j’ai pu comprendre l’historiographie de cette entreprise. Un pan d’histoire locale et maritime à portée d’oreilles. Et comme j’aimais bien —j’aime toujours— écouté, j’ai retenu, noté et plus tard écrit.

Chaise grand-papa détail Chaise grand-papa dos

Mais outre les histoires venues de la chaise, il y a aussi celles qui viennent de mon père qui du haut de son banc derrière le comptoir du magasin observait la société touristique dans sa splendeur. Et comme on le sait, il faut de tout pour faire un monde, des érudits, des cons, d’autres artistes, des voyeurs, des intéressés, des amoureux d’autres patentes gossées, des chercheurs d’informations et bien d’autres encore. Tous ces gens, ont formé pour mon frère et moi, de nouvelles histoires. Nul besoin du petit chaperon rouge et du grand méchant loup, il en existait des similaires qui venaient de la vraie vie!

Banc papa-paint

Deux pièces d’ameublement qui aujourd’hui sont purement décoratifs, mais qui me rappellent mes racines, ma mémoire et les histoires qui ont fait les délices de mes soirées. C’est de tout ça que je m’ennuie maintenant qu’ils ne sont plus là pour les raconter, même s’il me reste des écrits.

Celli

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