Fêtes et événements, Récit

Jouer…

Par une soirée froide d’hiver, il est amusant d’inviter des amis et de se réunir autour d’un jeu de société Je dis bien parfois parce que moi, jouer pour conquérir le monde, remporter une brasse ou acheter une grande avenue, ça n’est pas vraiment dans mes gênes sociaux.

Petite, j’aimais jouer, mais pas longtemps. Je préférais imaginer mes jeux plutôt que de m’en tenir aux règlements des planches de jeux. Tout de même, j’y participais avec joie. Puis un jour, en tant qu’aînée des enfants, je fus d’office nommée le quatrième joueur dans les parties de cartes des soupers de famille du temps des fêtes — et il y en avait plusieurs — afin que la cousine célibataire de ma mère ait un partenaire. Et pour augmenter le défi, je devais jouer au 500 entourée de joueurs professionnels habitués au tournoi. Et oui, le maudit valet de la même couleur que l’atout je l’oubliais tout le temps et non je ne comptais pas les cartes.

Toujours est-il que lorsque j’ai enfin eu le droit de ne plus y aller, j’ai pu enfin sortir de l’enfer du jeu. Mais le dédain de toute forme de jeu de cartes ou de société était maintenant ancré en moi si profondément que si j’entends quelqu’un proposer une telle activité, je me sauve.

Sauf une fois où très en amour, j’ai accepté de jouer avec mon chum et des amis à un jeu de stratégie géographique pour conquérir le monde. Croyez-le ou non, je suis restée prise en Australie pendant toute la soirée. À peine si j’ai pu mettre le pied en Nouvelle-Zélande. Disons que je ne m’y suis plus laissée prendre. L’amour n’allait plus me rendre aveugle.

Puis un jour, quelqu’un est arrivé avec un jeu-questionnaire. Et là, j’ai trouvé matière à ambition, matière à désir de gagner. Et enfin, j’ai pu comprendre ce que c’était de gagner une partie, d’être la reine de la soirée. J’adorais. J’étais crainte et on me voulait dans son équipe. Mais ça n’arrive plus très souvent. Il faut prévoir la rencontre et pour trouver un moment dans nos horaires chargés, c’est un jeu tout aussi complexe que stratégique en soi.

Il n’y a que les cartes qui ne semblent pas vouloir disparaître. Elles reviennent année après année lors des rencontres de famille de fin d’année.

Le problème, c’est qu’elles me sont toujours aussi peu intéressantes. Après tout, qui a envie d’être trou de cul une soirée de temps?

Celli

https://cellirelcenecrivaine.wordpress.com/2016/01/25/menu-pour-une-soiree-de-jeux/

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