Roman graphique des Années '80

Le scrapbook d’Élodie Lec – 1986

Janvier 1986

BONNE ANNÉE!  ai-je dit en sautant dans les bras de ma nouvelle conquête.

Nous sommes en 1986, je suis une femme libérée et à l’aise avec son corps. Et j’ai beaucoup bu. Aussi, lorsque j’ouvre les yeux le lendemain matin et que je ne reconnais pas mon environnement, j’ai un sursaut d’angoisse.  Puis, je me souviens, je suis aux résidences de l’université dans la chambre de Chiheb où j’ai passé une nuit exaltante.

J’ai envie d’un café. Et comme par magie, Chiheb entre dans la chambre avec deux verres de café et un paquet de biscuits provenant de machines distributrices. Je lui souris. Il ressemble à Aidan Quinn dans le film Desperately seeking Susan.

Entre mes cours, le travail, Chiheb et mon bénévolat. Je n’ai pas le temps de m’ennuyer.  Ma vie est belle malgré les chicanes d’amoureux qui ne sont finalement que des conflits de culture. Pas facile d’être féministe et amoureuse.

Élodie

 

Été 1986

Je reprends mon poste au centre de recherche. Heureusement parce que j’ai de la difficulté à vivre ma peine d’amour. Pourquoi sont-elles toujours de courtes durées? Il est reparti dans son pays et je n’ai pas voulu le suivre. Et même si j’ai voulu faire preuve d’ouverture, je ne peux prendre le risque de perdre ma liberté.

On entend tellement de choses sur ces pays.  Notre relation s’est terminée sur une grande chicane, mais sans réconciliation cette fois.

Je pense que je ne le reverrai jamais. D’ailleurs, je ne veux plus de ce genre de relation. C’est trop difficile. Je ne veux plus être en amour avec l’amour. Je veux quelque chose de plus profond, de plus long. Je pense que je vais prendre un « break » des hommes tant que je ne pourrai pas trouver celui qui me donnera mon « happy ever after ». ALARME ! URGENCE! Je dois relire Le complexe de Cendrillon de Colette Dowling et vite!

Élodie

 

Automne 1986

Toujours sous l’emprise du spleen de ma peine d’amour, j’ai décidé d’abandonner mes cours et de partir pour Montréal. J’habite temporairement chez ma cousine.

Je passe mes journées à chercher un travail, boire de grandes quantités de café et assister aux représentations de l’après-midi au cinéma. J’ai changé le mal de place, mais le mal m’a suivi. Je souffre ailleurs, c’est tout.

Début novembre, je trouve enfin un emploi dans le service historique de Bell Canada. Je passe mes journées à faire de courtes recherches en histoire du téléphone. C’est mon anglais qui m’a permis d’obtenir ce poste. Vive Sesame Street, le magasin de mon père et mes cours intensifs au Cégep.

Avec le travail, je reprends lentement du mieux. Je retrouve des amis de Québec qui ont immigré depuis longtemps à Montréal.

Et surtout, je retrouve Julie, mon amie photographe. Elle est toujours avec son beau russe. J’ai la plupart du temps envie d’être seule.  Ma vie se remet tranquillement sur pied.

Avec  Andrew,  un ami du travail et ex-étudiant en théâtre, j’assiste à de nombreuses pièces de théâtre dont la pièce de Michel-Marc Bouchard Les feluettes. J’en ressors époustouflée par le jeu des comédiens.

Je vais aussi au Salon du livre de Montréal faire la file afin d’obtenir une dédicace de René Lévesque pour son livre Attendez que je me rappelle. Quel homme inspirant…

 

Élodie

https://cellirelcenecrivaine.wordpress.com/2016/05/15/menu-gastronomique-facile-1986/

 

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