Roman graphique des Années '80

Le scrapbook d’Élodie Lec – 1987

Hiver 1987

René vient s’installer à Montréal et me propose de partager un appartement en amis. Il enseignera maintenant à l’UQAM. De le voir avec ses livres, ses copies à corriger, me donne le goût de me réinscrire et de terminer mon bac.

René m’encourage grandement à le faire. Il me voit déjà à la maîtrise. L’idée chemine et le 1er mars, ma demande d’admission à l’UQAM est partie. À l’automne, je reprends mes études.

D’ici là, je compte bien profiter de mes soirées pour lire et me remettre dans le bain. Je suis chanceuse puisque René est un parfait « pusher » de documentation!

Toujours pas d’homme dans ma vie. Mais pas besoin finalement.

Élodie

 

Été 1987

Le seul mot qui me vient pour décrire cet été, c’est inondation. Le déluge de Montréal. Quatre jours sans électricité, un frigo à vider directement dans les poubelles et une semaine de bouffe dans les fast-food.

Cette aventure m’a quand même permis de rencontrer en attendant le retour du métro une inconnue prise comme moi par cette crue des eaux. Elle a découvert la lettre d’un inconnu dans un livre usagé qu’elle vient d’acheter. Cathia — c’est son nom — et moi nous amusons à faire une suite à la lettre. Cet exercice est tellement amusant que ça me donne une idée de livre…  Je lui parle de cette idée que je viens d’avoir. Elle est heureuse de devenir un personnage de roman.

Avant de partir, elle me donne son adresse pour que nous puissions correspondre et que je puisse lui parler du roman et elle, de ses leçons de russe qui semblent lui causer problème au niveau de l’écriture. J’aime l’idée d’avoir des amies un peu partout. Un peu comme le correspondant de mon adolescence.

Sur mon Walk Man, j’écoute en boucle Élodie mon rêve de Shona. Heureusement que je peux le recharger les piles le jour au bureau.

Élodie

 

Automne 1987

Mes cours en lettres commencent. Je me sens à ma place. Il y avait longtemps que je ne m’étais pas sentie aussi bien. Maintenant que j’ai plus de temps, je recommence à faire du bénévolat dans un centre femmes.

À la relâche, je décide d’aller passer la semaine chez mes parents. De rester plus de deux jours me fera du bien. Je n’y suis pas allée souvent ces derniers mois. À ma décharge, je recommence seulement à me sentir moi-même. 1986 aura été une année très difficile.

Dans ma chambre de jeune fille, je retrouve mon coffret vert rempli de début de textes et  d’idées d’écriture. Je repense à Cathia et à ses lettres dans les livres. Je la rappelle pour qu’on se voie à mon retour.

Mes doigts démanchent d’écrire cette histoire dont on avait parlé un jour d’inondation. Je repars avec la dactylo électrique de mon père pour écrire mon premier roman.

Élodie

https://cellirelcenecrivaine.wordpress.com/2016/06/12/menu-reconfortant-de-chez-maman/

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s