Récit

La boucherie

Chaque année, ma famille faisait boucherie. Pas aux avents comme le veut la tradition, mais plutôt au congé scolaire de novembre. C’était pour nous les enfants, un avant-goût des fêtes de Noël.

À la ferme de mon oncle qui la tenait de grand-papa, on abattait veau, vache, cochon et poules avant de les dépecer pour nourrir la famille tout au long de l’année. Il faut dire que les congélateurs dans la famille étaient énormes!

Toute cette viande, il fallait la découper pour la consommer et nous passions ces jours de congé à découper, emballer et étiqueter tous ces beaux morceaux de viande. Ma mère et ma tante en profitaient aussi pour préparer certains mets pour les fêtes ou pour l’année comme les cretons, tête fromagée et la viande à tourtière. Sans oublier les coupes spéciales comme le rôti de bœuf du jour de l’an ou les spare ribs pour un souper de mets chinois. Il y avait aussi le boudin, mais celui-là, je préfère l’oublier.

Malgré le travail très technique, j’avais trouvé un moyen de laisser aller mes élans créatifs en décrivant de manière bien spéciale les pièces de viande qu’on venait d’emballer. Ainsi lorsque ma mère ou mes tantes fouillaient les mains gelées et le corps presque rentré en entier dans le congélateur, elles retrouvaient un paquet de bœuf haché, par exemple qui racontait une histoire ou se proclamait lui-même le roi des burgers ou un rôti de porc poétique!

Comme quoi, la littérature peut être partout

Celli

 

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