La Bouquinière

La Bouquinière (en reprise)

Cercle bleu

(www.rakuten.com)

 

« Le cercle bleu des Matarèse par Robert Ludlum, Éditions Robert Laffont, 1983, v.o.a. 1979, Collection J’ai lu, nos 7484-7485.

Robert Ludlum est né en 1927 et est décédé en 2001, pourtant, on a l’impression qu’il est toujours vivant. Plusieurs livres sont parus depuis son décès, tous coécrit par d’anciens collaborateurs, dont Gayle Lynds et James Cobb.

Je ne lis plus Ludlum depuis plusieurs années, en fait, depuis la fin de la guerre froide. (Sans compter que j’éprouve un léger malaise à lire du Ludlum qui n’est pas du Ludlum authentique. Et ce, sans critiquer les coauteurs puisque je n’ai lu aucun des livres qui ne sont pas de Ludlum seul.) Les espions d’aujourd’hui semblent moins intéressants. Peut-être qu’ils n’aimeraient m’entendre dire cela à propos de leur travail, mais moi, j’aime (J’aimais?) beaucoup mieux une belle rivalité est/ouest qu’une rivalité États-Unis/axe du mal. Assez que maintenant, je préfère un bon policier au roman d’espionnage d’aujourd’hui.

Tout ça pour dire que Le cercle bleu des Matarèse m’a rappelé cette époque de la guerre froide. Remarquez que j’écris cela et que je me dis qu’on ne peut vraiment apprécier une histoire qui opprime un peuple, qui niait toute liberté à ses citoyens, mais l’inconnu caché derrière le rideau de fer était pour moi des plus fascinants. Tout aussi fascinant que l’ouverture de l’ex-URSS, sauf qu’à ce moment, c’est l’apprentissage de la liberté qui m’a captivée.

Robert Ludlum a dans Le cercle bleu des Matarèse bien décrit cette opposition est-ouest en alliant Talienekov (URSS) et Scofield (É-U) dans une action commune contre une organisation plus pernicieuse que l’opposition entre leurs deux pays. L’action nous tient en haleine et la recherche d’indices est intelligente. Plus intéressante du moins que la suite postcommuniste qui ressemblait à un copier/coller mal monté du premier avec en plus des ordinateurs et des médias plus présents.

Cette semaine, je publie un jour à l’avance, car demain, je pars pour un long week-end de vacances loin de la maison et des obligations. Je vais m’amuser et vacher. OUI! VACHER. C’est encore plus relaxant que relaxer!! »

 

Celli

La Bouquinière

La Bouquinière (en reprise)

amour tendre

 (Amazon.com )

 

« Amour tendre, amour sauvage par Rosemary Rogers, Éditions de Trévise, 1975, v.o.a. 1974, Collection J’ai lu, no 952.

De l’amour pur, je passe à l’amour-passion. Enfin, la passion féroce. Rosemary Rogers n’est pas très douce dans ses ébats. Le gars est manifestement un mâle alpha que rien n’arrête et qui ne doute pas un instant de son pouvoir de séduction. Et la fille, bien qu’ayant du caractère, subit les assauts du gars et bien des fois, elle aime ça. Je ne sais pas pourquoi dans plusieurs romans d’amour d’époque, il faut que la fille soit vierge et peu connaissante et le gars, un vrai coureur à l’expertise amoureuse indéniable? En bref, si à l’adolescence j’avais probablement lu ce livre en savourant les scènes de sexe, aujourd’hui, ça m’a royalement agacée. Je préfère l’érotisme et le partage amoureux.

Sauf qu’à l’époque, il n’y avait pas encore les cours de sexualité à l’école et les seules informations que j’ai eues sont arrivées par le truchement du prof de catéchèse (!?!).

Eh oui! Je n’avais qu’une vague idée des tenants et aboutissants du sexe, mais je savais distinguer une relation dite de génitalité et une relation dite sexuée. Le professeur (Ah oui! C’était un prêtre. Alors côté pratique… enfin avec ce qui se passe aujourd’hui, peut-être en savait-il plus que moi finalement…! ) a passé très vite sur l’aspect génitalité qui ressemblait à « Ne jouer pas à touche pipi puisque vous n’êtes pas marié » pour passer aux relations sexuées. Qu’est-ce qu’une relation sexuée, me direz-vous? C’est tout simplement, les relations d’amitié, les touchers anodins, platoniques. Il n’y avait qu’un pas pour qu’un groupe d’adolescents poussé par les hormones ne se mettent à se toucher les mains, l’épaule ou les pieds en gémissant. Ça a réellement agacé le prof et on en a été quitte pour une copie des béatitudes. Tout cela pour dire que malgré une certaine violence dans les rapports entre les deux personnages principaux, la lecture de ce livre de Rosemay Rogers a été plus informative que les leçons de mon professeur de catéchèse.

Je termine sur mes vœux à toutes les mères, grand-mères, belles-mères… pour dimanche. J’espère qu’on vous gâtera et qu’on prendra soin de vous. Et si vous désirez lire quelque chose sur une belle relation maternelle, je vous suggère de lire :

Va où ton cœur te porte et sa suite, Écoute ma voix de Susana Tamaro

OU

Adieu Betty Crocker de François Gravel

Bonne lecture et Bonne fête des Mères! »

 

Celli

La Bouquinière

La Bouquinière (en reprise)

Tim

 (www.pricemaster.com)

 

« Tim par Colleen Mc Cullough, Éditions Belfond, 1977, v.o.a. 1974, Collection Club pour vous Hachette

 

L’amour n’a pas d’âges, ni de standards, mais qu’en est-il de nos préjugés? Tim de Colleen Mc Cullough exprime bien cette question. Mary, 45 ans, épouse Tim, 26 ans avec qui elle est tombée en amour. Mais voilà, Tim souffre d’une déficience intellectuelle en totale contradiction avec son physique de Dieu grec. Mais Mary passe outre et l’aime malgré les préjugés, malgré les différences qu’il y a entre eux. Des romans de Mc Cullough, même si Les oiseaux se cachent pour mourir a été spectaculaire, c’est cette histoire d’amour hors de l’ordinaire qui m’a séduite. C’est beau parce que c’est simple. C’est juste de l’amour, de beaux sentiments, un respect et une admiration des capacités de chacun avec leurs limites et leurs forces.

 

Heureusement que l’histoire était intéressante, car la traduction (comme d’habitude, me direz-vous) était moyenne. Il y a des expressions argotiques que je ne suis plus capable de lire. Enfin… Ce livre a également une histoire en soi. Dans ma famille, à Noël, un de mes cousins se déguisait en Père-Noël et venait faire la distribution des cadeaux avec toute la cérémonie que cela demandait. Et tant qu’il y a eu de jeunes enfants, même adolescent, tous les autres ont continué à jouer le jeu. Et le Père-Noël, dans sa grande bonté, nous faisait un cadeau. Et c’est lui, le vrai de vrai Père-Noël qui m’a donné ce livre. Pas Les oiseaux se cachent pour mourir, mais Tim. Et pour ça, je l’en remercie. Peut-être est-ce de là que je tiens ma manie de ne pas lire les livres quand ils sont trop populaires?

 

Ce cousin est toujours dans le commerce des traditions de Noël. Il possède une boutique tout en lumière qui fait rêver. D’ailleurs, je dois le voir demain, mais pour de tristes circonstances… Sa conjointe est décédée lundi dernier. Et tout ce que je peux faire, c’est lui transmettre mes pensées et mon soutien en ce moment difficile. L’absence est difficile, mais les souvenirs restent dans nos cœurs et pansent les plaies. »

 

Celli 🙂

La Bouquinière

La Bouquinière (en reprise)

Natalia

(www.librarything.com)

 

« Natalia par Heinz G. Konsalik

Éditions Albin Michel, 1976, v.f. 1979, Collection J’ai lu, no 1382.

 

Konsalik est né à Cologne en 1921 et est décédé en 1999. Ses romans, traduits dans quatorze pays dans plus de 42 langues atteignent un tirage de plus de 25 millions d’exemplaires. Ceci fait de lui l’un des écrivains les plus lus de l’après-guerre. Des 155 romans à son actif, j’en ai lu seulement une douzaine. Mais ceux que j’ai lus m’ont enchantée jusqu’au jour où je suis tombée dans la rebondissante littérature américaine. Car, ce que j’ai remarqué, c’est ma prédilection littéraire pour les auteurs européens : Allemand et Anglais. Certes quelques romans américains, mais beaucoup de littérature allemande de la période de l’après-guerre. À bien y penser, la constante de mes lectures de cette époque s’exprimerait par le mot : Anglo-saxon.

Pourquoi ne lisais-je pas plus de littérature française? Probablement à cause des suggestions plates, poches et obligatoires de l’école. On a bien beau se dire qu’il faut connaître sa littérature du terroir québécois et français, mais il doit exister autre chose que La fille laide de Yves Thériault ou Jeanne fille du roi de Suzanne Martel. Et pourtant, j’étais de celles qui aimaient lire alors comment pouvaient se sentir ceux qui n’aiment pas lire. Il y a tellement d’œuvres plus dynamiques qui arriveraient à captiver l’adolescent le plus revêche.

Lire, c’est s’évader… C’est rêver… C’est faire partie d’un autre monde pendant quelques heures… C’est se poser des questions sur les événements les plus petits comme les plus grands… C’est, à la fin, y repenser en s’interrogeant sur l’issue de l’histoire, sur comment elle nous a touchée… C’est se raconter une histoire et en ressortir grandi… Lire, ce n’est pas être forcé à décortiquer une œuvre qui ne nous rejoint pas… C’est d’avoir la liberté de choisir (tout en étant parfois guidé)…

Aujourd’hui, les jeunes lisent moins paraît-il? Moi, je pense qu’ils lisent différemment. La technologie a changé les modes de lecture et d’écriture. Il y a là tout un univers à explorer et je me promets bien de le faire. C’est donc à suivre chers lecteurs…

Si j’en reviens à Konsalik et à Natalia, eh bien! disons que la relecture de ce livre a été des plus ludiques? Amusantes? Divertissantes? En résumé, Tassburg un ingénieur loue une maison supposément hantée depuis 150 ans. Dans cette maison, il trouve une jeune fille en fuite dont il tombe amoureux. Et quoi de mieux qu’un fantôme et une crédulité entretenue par le Pope pour empêcher quiconque de venir les déranger. Au plus profond de la taïga sibérienne, les mystères et superstitions demeurent malgré le rationalisme communiste. Toute la beauté de cette histoire demeure dans les différents stratagèmes des acteurs au courant de la présence de Natalia pour permettre qu’elle ne soit pas découverte, qu’elle et Tassburg puissent vivre leur amour et surtout, qu’elle puisse un jour réapparaître. C’est sublime! Et moi qui adore la Russie et particulièrement la Sibérie et ses légendes, j’ai été servie. J’aimerais bien connaître l’allemand et le lire en langue originale. C’est probablement ce qui me manque le plus dans l’œuvre de Konsalik. »

 

Celli

La Bouquinière

La Bouquinière (en reprise)

 En cette année de mon dixième anniversaire de blogueuse, j’ai envie de vous offrir une compilation des dix meilleurs articles de La Bouquinière, année 1. À l’époque, l’idée d’écrire un blogue se voulait à la fois une opportunité de revisiter les lectures coup de cœur qui ont sillonné ma vie et d’occuper mon esprit pendant cette période un peu triste de ma vie. J’ai donc, pendant 52 semaines, de mon premier livre d’images au roman qui a eu l’honneur de clore cette première année dans la blogosphère, raconté l’histoire de ces livres et de ces lectures. Alors, j’espère que vous aurez autant de plaisir à les lire ou relire que j’en ai eu à choisir cette compilation.

 

 

« Les Aristochats de Walt Disney, Éditions Hachette, 1971, Collection Album Super-Géant.

aristos

(www.musiqueonly.com)

 

C’était par un beau dimanche de mars 1971… Comme tous les dimanches, nous allions chez ma grand-mère passer la journée. Après le souper, nous retournions à la maison pour le reste de la soirée. C’était ainsi depuis des années. Alors, imaginez ma surprise lorsque ce soir-là, nous avons dépassé la maison et roulé vers le village voisin. Nous nous sommes arrêtés… au cinéma. Ils y présentaient deux films (eh oui! Il y avait toujours deux films à cette époque!) : Prince Noir et les Aristochats. Celui avec le cheval est passé en premier. C’était bien, mais c’était mon frère qui aimait les chevaux. Mais quand le deuxième film a commencé, là c’était pour moi. Des chats, une histoire de chats où ils n’étaient pas les méchants comme dans bien d’autres histoires. J’ai tellement aimé que je n’en ai pas dormi de la nuit et le lendemain, j’étais devenue verbomoteur. On ne me reconnaissait plus, moi qui habituellement étais sage et silencieuse.

 

Par la suite, j’ai recherché tout ce qui concernait les Aristochats. Les livres, les affiches, les toutous, les disques. J’ai revu le film des années plus tard lorsque Disney l’a ressorti en vidéocassette. Et c’était encore bon. J’ai adoré voir mon fils m’admirer parce que je savais les paroles des chansons. Ou bien, lui expliqué où se situait Tombouctou (ville où le vilain majordome voulait envoyer les Aristochats afin d’hériter de l’argent de Mme de Bonnefamille). Une ville qui me semblait des plus exotiques du haut de mes 6 ans. Plus tard, à l’université, j’ai rencontré un Malien qui m’a parlé de sa ville et de son pays. Je ne lui ai jamais dit d’où venait ma fascination, mais encore une fois, grâce à cette histoire, j’avais l’air très cultivée 😉

 

J’ai relu le livre et réécouté le film cette semaine. Et pour une fois, le film est meilleur que le livre. Il faut dire que bien souvent l’adaptation de scénario en livre est décevante. Et je ne parle pas de la traduction française, française. Heureusement, les images étaient là. Combien de fois ais-je décalqué certaines des images de ce livre pour les colorer. Je ne sais plus. J’ai même retrouvé un de ces décalques dans mon livre.

 

Cette relecture a égayé ma semaine et j’en avais bien besoin en plein « post-partum » du temps des fêtes. Je pense bien que l’an prochain pour éviter cette déprime, j’irai passer Noël à Tombouctou. »

 

Celli

La Bouquinière, Poésie

Le chemin montant

Le chemin montant

Poèmes

De Gilles Vigneault

(Éditions du Boréal, 2018)

De lire Gilles Vigneault en cette presque veille de Noël, c’est le plus beau des cadeaux que l’on puisse faire à son cœur. Ses mots réconfortent, nous touchent et laissent la place aux sentiments des humains et de la nature.

Il nous entretient du temps, du journal intime, des récits des arbres, de sa jeunesse sur un ton parfois sérieux, parfois léger. Il est sage Gilles Vigneault, il prend le temps de penser la vie, de la voir dans ses silences et dans ses soubresauts.

Mon poème préféré est J’écris à la main où il parle de l’incertitude et de l’hésitation devant le choix du mot « Un mot à la fois Avec les incertitudes Et les hésitations » et plus loin « Ah! Si seulement Je pouvais laisser l’inconscient Décider ». Pour terminer sur l’impression de lire quelqu’un d’autre lorsque l’on recopie tous nos mots à la dactylo. C’est beau! Touchant! Inspirant!

Je n’ai qu’un regret, l’avoir emprunté à la bibliothèque plutôt que de l’acheter. Mais c’est Noël bientôt et qui sait, peut-être sera-t-il sous le sapin?

Celli