Les envolées de Celli

Visions de Montréal

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Du haut de la Place Ville-Marie, l’édifice Farine Five Roses, un clin d’oeil à la pâtissière.

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Dans cette vue, il y a la rive-sud de Montréal où j’ai aussi beaucoup de souvenirs, le quartier où j’ai eu mon premier emploi et la Ronde où je me suis retrouvée assez souvent la tête à l’envers  😉

Sans oublier les citrouilles sur le toit.

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Au Musée Grévin,

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j’ai été inspirée par les mots de Fred Pellerin et Gilles Vigneault…

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ainsi que par les gâteaux d’Alain Ducasse que convoite Donald Sutherland.

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Parlant de gâteaux, voici l’excellent Brownie S’mores de Juliette et chocolat.

Bonne semaine!

Celli

Les envolées de Celli

🎵 « Je reviens à Montréal portée par un héritage » 🎵

Quand j’étais petite, aller à Montréal était le summum du voyage d’aventure. Imaginez partir de ma campagne natale pour aller dans la grande ville… Imaginez toutes ces lumières, ce mouvement, ces immeubles plus grands que nature dans les yeux d’une enfant.

Il y a moins de cet émerveillement aujourd’hui car Montréal a bougé au gré des cônes orange du changement. Et dans mes yeux d’adultes, toutes ces lumières ont perdu de leur féerie. Elles sont devenues le porte étendard de la marchandisation sur des immeubles qui parfois manquent de distinction. Le mouvement s’est accéléré aussi dans une folie post-moderne qui, je l’avoue, se retrouve un peu partout dans le monde.

Oui, Montréal a changé. Parfois en bien, parfois en moins bien. Et jamais, elle ne reviendra comme avant. Elle ne peut pas et elle ne doit pas. Sauf que le souvenir d’enfance voudrait bien revenir ne serait-ce que pour retrouver un peu de l’excitation de la découverte d’un nouveau monde.

La découverte, voilà le mot qu’il faut retenir. C’est avec elle que reviendra l’émerveillement.

Car, si je prends le temps de m’arrêter et d’observer, je peux découvrir au coin d’une rue un jardin caché inspirant, une murale éclatante qui égaiera mon regard, un libraire sympathique qui me donnera rendez-vous avec un nouvel auteur, un restaurant dont les odeurs me titilleront d’abord les narines pour ensuite enchanter mes papilles ou tout simplement, un lieu connu qui se laissera redécouvrir.

Et c’est à ce moment qu’elle sera enfin de retour, la ville que j’ai tant aimée.

Celli

Les envolées de Celli

Je m’en vais au marché, c’est pour y acheter…

Quand j’étais petite, je n’avais nul besoin d’aller au marché. J’habitais en campagne et chaque été mes parents faisaient un grand jardin. Sans compter celui de ma grand-mère et mon oncle sur la ferme familiale.

Dès les premières fraîcheurs d’août, les légumes aux saveurs authentiques arrivaient sur la table. Rien n’est meilleur qu’un fruit ou un légume fraîchement cueilli. Et dès que septembre arrivait, ce sont les odeurs des légumes que l’on prépare afin de les conserver en vue de l’hiver. Les tomates, ketchup aux fruits, herbes salées, cornichons, sauce à spaghetti et bien d’autres se battaient leur place dans la marmite en ébullition ou dans l’antre caverneux du congélateur.

Aujourd’hui, sur mon balcon en ville, tous les étés je cultive quelques fines herbes et parfois un plant de tomates. Pour tout le reste, je prends mon panier et je m’en vais au marché. Celui de mon quartier, sis devant une petite épicerie ayant pignon sur rue depuis 1949, le marché Provisions. Les fruits et légumes arrivent chaque matin des fermes locales pour s’offrir tant aux habitués qu’aux passants.

J’en repars rarement les mains vides. Et une fois arrivée à la maison, je reprends les gestes de ma mère et je fais mes conserves. C’est tellement apaisant… Et quel plaisir d’ouvrir un pot de ketchup aux fruits lorsque gronde la tempête en plein cœur du mois de janvier.

Le marché a remplacé le potager de mes parents, mais il n’a pas remplacé les saveurs, les odeurs et les souvenirs qui sont rattachés à notre agriculture familiale et locale. Celle qui nous a nourris et celle qui lutte pour nous nourrir encore.

Celli

http://www.magazineprestige.com/Le-quartier-Montcalm

Les envolées de Celli, Les Mots, Poésie

The Earl and me

Automne

Moi

J’ai rencontré the Earl Grey par un beau soir d’automne

Il était là, trônant fièrement sur sa terrasse

Regardant les gens se promener, courir ou lire au milieu de son parc.

Celui qui avait connu des batailles,

Mais qui aujourd’hui offrait un havre de paix aux habitants de Québec.

Celui qu’il avait jadis contribué à sauver

Et qu’on appelle chaleureusement Les Plaines.

« Les terres d’un dénommé Abraham Martin me dit-il

Un pilote et pêcheur. »

Et aussitôt mon regard se porte vers le fleuve

Qu’on voit couler calmement derrière lui

Alors que la nuit tombe doucement

Et que l’horizon s’illumine peu à peu sur l’autre rive.

« C’est beau » lui dis-je

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Hiver

C

Presque chaque jour,

Je rends visite à celui que j’appelle amicalement Earl

Je vais le saluer et prendre des nouvelles

Du fleuve, de son parc, ses gens

Devant lui, des enfants et leurs parents patinent

D’autres avancent sur leurs skis

Et beaucoup s’arrêtent pour admirer la vue

Maintenant sans obstruction puisque les arbres sont dénudés.

« J’ai un peu froid cet hiver. »

Pourtant le ciel est bleu et le soleil brille.

« Je vieillis, je crois. »

« Non, c’est la tempête d’hier

qui vous a glacé autant. »

D

Printemps

E

La pluie printanière ne rend pas Earl maussade

Au contraire, il regarde devant lui

Et voit la nature qui s’éveille,

L’herbe qui réapparaît,

Les jardiniers qui s’activent dans le parc.

« Tout revit. J’entends le fleuve qui coule derrière moi,

les oiseaux qui chantent dans les arbres.

J’aime le printemps parce que le silence hivernal se brise enfin. »

Le lendemain, comme pour le récompenser,

Le soleil brille de tous ses rayons.

« Belle journée pour lire. » me dit-il, remarquant mon livre.

Je souris au vieil homme,

Avant de m’asseoir près de lui pour lui faire la lecture.

F

Été

G

Du fond des plaines,

Earl apparaît en contre-jour

Derrière lui, le fleuve trace un sillon bleu-gris

Alors que la rive-sud se découpe sobrement sur l’horizon

Pour le distancier du ciel d’un bleu éclatant

Je lui raconte ce que je vois

Et cela le rend heureux

Il dit : « Quatre saisons sont passées.

La vie aussi passe et nous nourrit

De couleurs, d’expérience et de beauté. »

La nuit tombe

Et avec elle, s’éveillent tous les rêves.

« Aurevoir Earl! »

Je m’en vais rêver…

H

La Bouquinière, Les envolées de Celli

Thelma, Louise, Martine et moi

Thelma, Louise et moi

de Martine Delvaux

(Héliotrope, 2018)

J’avais tellement hâte de le lire et je n’ai pas été déçue. Martine Delvaux nous propose dans sa dernière œuvre un road rip livresque qui met en parallèle le scénario de Thelma et Louise, l’histoire du film, les événements de l’époque et sa propre vie. Dans une écriture intimiste et prenante, on se promène sur les routes empruntées par ces femmes dans un va-et-vient entre la vie de l’auteure et les scènes du film, entre le présent et le passé. La forme du récit, un habile découpage de tous ces thèmes, est des plus emballantes pour le lecteur. Jamais on ne s’y perd et toujours on s’y souvient que la route de l’émancipation des femmes n’a pas été et n’est toujours pas une route droite sans embûches.

Comme l’auteure, j’ai vu Thelma et Louise en 1991. À l’automne. Cet automne où je venais de recommencer à travailler après un congé de maternité. Cet automne où une fois par semaine, j’allais seule voir un film pour me sortir un peu du métro-boulot-dodo. Cet automne où un certain T. a décidé que je lui nuisais au travail et qu’il m’a harcelée, insultée et menacée. Cet automne où on m’a dit d’être patiente jusqu’à ce que j’éclate.

C’était environ un mois avant que le pire n’arrive.

J’ai vu Thelma et Louise le 26 septembre 1991 au cinéma Le Clap. J’avais pris l’habitude, une fois par semaine, d’aller voir un film pour me sortir de la routine bus-boulot-dodo. Je me souviens d’avoir tenu mon siège pendant le viol de Thelma et tellement souhaité qu’elles atteignent le Mexique. Je me rappelle d’être sortie bouleversée de la salle et de ne pas avoir été capable de traduire cette émotion dans le cahier où je notais mon appréciation des films. J’ai juste écrit que « … les deux actrices étaient convaincantes dans leur rôle. Différentes au début, elles finissent par se ressembler à la fin. » Et je termine et disant que l’image est sobre !? Rien sur ce qu’elles ont vécu, rien sur ce que j’ai ressenti.

Puis T. a commencé son jeu d’insulte de manière insidieuse d’abord et plus flagrante ensuite jusqu’aux menaces. Chaque jour, je devenais de plus en plus l’ombre de moi-même. Ses propos faisaient leur chemin dans ma psyché et je me mettais presque à y croire. Je me souviens qu’après avoir dénoncé la situation au comité des ressources humaines avoir dit que j’avais peur que tout ceci recommence. Ils m’ont répondu que c’était isolé, que tous les employeurs n’étaient pas de même.

Eh bien ! Ce n’est pas vrai. Au cours de ma carrière, ça m’est arrivé une autre fois. Le même type d’insulte… par une femme cette fois. Et j’ai encore dû me reconstruire.

Il est impossible de savoir avant comment on réagira devant la violence, qu’elle soit physique, sexuelle ou morale. Car, à un moment ou un autre, elle finit par nous rendre vulnérables et nous faire perdre nos moyens de défense et notre confiance en soi. On se sent alors figé comme un cerf devant les phares d’une voiture. Impossible de sauter pour éviter le pire. Alors la souffrance nous percute. On a beau nous dire avec les meilleures intentions du monde de nous défendre, d’être fortes, d’imposer ses limites, de l’ignorer, aucun de ces conseils ne peut servir si nous sommes paralysés par la peur. Aucun…

J’ai survécu certes, mais je suis fragile. Je suis plus forte, mais il existe encore des gens qui traitent des collègues, des subordonnés de la sorte. Et quand j’y pense trop, la peur revient. Je le sais parce que parfois, les larmes montent lorsqu’on me critique même si c’est fait de manière constructive et respectueuse. La seule différence est que j’ai appris à vivre avec comme si j’étais diabétique et que je devais faire attention au sucre.

Que viennent faire Thelma, Louise et Martine dans tout cela. Elles m’ont rappelé la peur, la violence, le désir de posséder sa vie et que les gains obtenus par les femmes sont bien fragiles. Cela demande une vigilance de tous les instants. Pour que des Thelma ne se fasse plus violer juste pour avoir dansé, que des Martine ne se fasse plus insulter par des loups solitaires anonymes sur le web, pour que des Louise n’aient plus peur de revivre un traumatisme peut importe ce qu’il est ou que moi, je puisse croire qu’il existe des milieux où on peut s’épanouir sans avoir peur de gêner quelqu’un au point qu’il désire nous faire disparaître.

Celli

Les envolées de Celli

De l’usage de la carte géographique

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Il n’y a rien comme une carte géographique papier pour apprécier la route lorsque l’on part en voyage. Bien sûr, le GPS peut nous amener à bon port sans complication, mais sans l’expérience physique de la carte. Plier, déplier, tourner, étendre, suivre du doigt, surligner, noter… autant d’actions à accomplir avant, pendant et après.

Tant électroniquement qu’avec la version papier, il y a le point de départ et le point d’arrivée, mais entre les deux, il y a une foule de choses à découvrir. La toponymie entre autres est parfois fascinante. Des noms qui étonnent, qui nous interroge qui nous donne le goût d’en savoir plus. Et c’est à ce moment que la possibilité de chercher des informations sur le Web devient intéressante beaucoup plus que de regarder la ligne rose avancer dans un décor de 3 X 5 pouces!

Contrecoeur, L’Épiphanie, lac à la Pluie, île Dupas, rivière de l’Achigan, , Sainte-Julienne. Autant de noms à fouiller pour en savoir plus. Estimer les distances à l’aide de deux doigts et se demander « Si on passe par Shawinigan est-ce un grand détour pour se rendre à Joliette? » Et puis on s’en fout puisqu’on a le temps de passer par les petites routes pour voir les champs, les villages, les gens qui s’y activent alors que nous traversons leur contrée.

On n’arrête pas nécessairement puisqu’on a un but à atteindre, mais de googler le village et s’informer de son origine, de ses habitants permet d’en apprendre plus et d’éventuellement y revenir et vivre l’expérience d’être une Juliennoise d’un jour.

Et tant qu’à y être, pourquoi ne pas élargir, déplier encore plus et explorer plus au nord, au sud, à l’ouest et s’apercevoir qu’en ligne directe, on peut se rendre à Hemmingford en Montérégie. Et de là, se rappeler d’anciennes vacances dans cette région et retracer l’itinéraire entre deux interventions de la Madame-qui-parle-dans-le-GPS pour nous dire de tirer à droite sur « el autoroute Laval est » (prononcer ait).

J’ai lu, il y a quelque temps, qu’à force de se fier au GPS pour nous amener d’un point A à un point B, notre cerveau se désintéresse de son environnement et nous rend un peu plus démunis, si l’on se perd, par exemple. (https://fr.express.live/2017/03/24/gps-desactive-fonctions-principales-de-cerveau/) Il y a là, je crois, quelque chose d’un peu plus paniquant que lorsque l’on se trompe entre la gauche et la droite!

Sans carte, point de tracé et de lecture spatiale. Sans admirer le paysage et y faire ses marques, point de mémoire. Et sans GPS, point d’informations sur les cônes orange qui peuvent sillonner votre chemin.

De l’usage de la carte géographique et de ses alliés en toute équité.

Celli

Les envolées de Celli

Pioneer woman

Je suis une fan de la Pioneer Woman Ree Drummond sur Food network. Tous les samedis, je la regarde nous partager ses recettes et sa vie sur son ranch de l’Oklahoma. Est-ce que j’aime les cow-boys? Pas vraiment. Est-ce que j’ai été fascinée par l’histoire d’amour entre elle et son cow-boy? Un petit peu. Est-ce que j’ai été conquise par sa cuisine? Tout à fait.

Je le suis tellement que je me suis procuré un de ses livres de recettes où je puise régulièrement des idées, tant pour les repas de tous les jours que pour recevoir. Toutefois, c’est en écoutant son émission que je fais les plus belles découvertes. Tout en salivant, je note dans un cahier les recettes présentées à l’instar de ce que faisait ma mère lorsqu’elle écoutait Françoise Larochelle-Roy à la radio. Il y a quelque chose d’intime de le faire de cette manière plutôt que de l’imprimer à partir du site ou d’enregistrer un signet en ligne.

De plus, la cuisine de Ree Drummond est simple, rustique et vient du cœur… comme celle de ma mère.

Celli

 

Pour mieux connaître Ree Drummond et Françoise Larochelle-Roy, visitez le http://thepioneerwoman.com/ et le https://actu.fondationlionelgroulx.org/Francoise-A-coeur-ouvert.html