Menus et recettes, Poésie

Mois d’hiver

Février

Ta froideur lunaire blesse la peau

Février

Ton nordet me traverse

Février

Tu me rends mélancolique

Et pour cela, je te hais

Février

Ton air arctique me gèle le cerveau

Février

Tes effets de glace me renverse

Février

Tu me rends laconique

Et pour cela, je te hais

Pourtant

Ta neige qui brille de mille feux

Donne à l’horizon

Une allure d’infini

Et à la nuit

Une atmosphère

Assourdie

Paisible

Propice au ravissement

Février

Je te hais moins

Février

Mars s’en vient

Enfin…

Celli

Pour se réchauffer, une soupe chaude et réconfortante

Soupe poulet, riz et poireaux

Soupe poulet et riz

Source : Cedar Cove Cookbook de Debbie Macomber, Harlequin, 2009, p. 139.

Pour une version française sans le riz :

https://lepoulet.qc.ca/fr/nos-recettes/soupe-aux-poireaux-et-poulet-/2319

Fêtes et événements, Poésie

La marmotte

 

Est-ce que demain

La marmotte verra son ombre

Pour nous annoncer

Que cet hiver commencé si tôt

Continuera encore 40 jours

Ou

Ne la verra-t-elle pas

Pour nous annoncer

Cette-fois

Que l’hiver prendra fin bientôt

Maintenant

Il faut choisir sa marmotte

Car chacune interprète

À sa façon

La fin ou « pas fin »  de l’hiver

Ais-je hâte au printemps?

Ou

Ais-je envie de faire des anges dans la neige?

C’est en répondant à cette question

Que je pourrai choisir

Ma marmotte favorite

Celle qui apporte l’espoir du printemps hâtif

Ou Celle qui nous conforte dans la douceur des flocons

Celli

Au fil des saisons, Calendrier de l'Avent et plus, Poésie

Résolutions

Prendre le temps de regarder

Prendre le temps de lire une chose à la fois

Prendre le temps d’écouter la vie

Prendre le temps de savourer

Prendre le temps de rêver pour mieux créer

Éviter de fixer un écran en marchant

Éviter le multitâches

Éviter le trop qui mène à la course folle

Éviter le plus possible les repas pris sur le pouce

Éviter la précipitation et la précrastination

Celli

Poésie, Récit

Mémoires

J’ai voulu un jour lancer une bouteille à la mer afin qu’un message faisant acte de mon existence soit retrouvé par un étranger lointain. Étranger qui s’empresserait de me répondre dans un grand élan épistolaire. Mais, se briserait-elle sur un rocher? Le message survivrait-il à l’atmosphère humide des océans? Voguerait-il pendant des années sans dessein? Ou reviendrait-il sur ses pas, penaud d’avoir échoué?

Devant tant d’incertitude, j’ai renoncé.

Puis, j’ai eu l’idée d’enterrer un coffret dans les fondations d’une maison. Inspirée, j’ai, sur une feuille de papier, raconté un peu de ma vie en espérant que la découverte de mon histoire remplirait d’excitation un futur archéologue fasciné par les « abitations ». Mais comme j’ai quitté ces fondations, comment apprendrais-je sa découverte? Sera-t-elle détruite par les rénovations d’un nouveau propriétaire entreprenant? Ou tout simplement inintéressante puisque dans un futur éventuel, je serai toujours une inconnue?

Devant tant d’incertitude, j’ai oublié.

C’est alors que la technologie m’a appelée pour laisser des traces de mes récits. Avec elle, il n’y avait pas de limites si ce n’est celle de la réciprocité parfois absente. Mais qu’à cela ne tienne, je laissais des traces. Mais qu’arriverait-il si l’hébergement était interrompu? Si par malheur, on prenait ma vie en otage ? Ou si une onde de choc effaçait tout?

Devant tant d’incertitude, j’ai réfléchi.

Pour finalement, comprendre qu’une vie laisse des traces sur les cœurs et sur les mémoires. Et qu’afin que des gens de coeur et de mémoire se rappellent de mes faits et de mes gestes, il me fallait fournir à la postérité une archive où on pourrait se rappeler.

Celli

La Bouquinière, Poésie

La Bouquinière

Le chemin montant

Poèmes

De Gilles Vigneault

(Éditions du Boréal, 2018)

De lire Gilles Vigneault en cette presque veille de Noël, c’est le plus beau des cadeaux que l’on puisse faire à son cœur. Ses mots réconfortent, nous touchent et laissent la place aux sentiments des humains et de la nature.

Il nous entretient du temps, du journal intime, des récits des arbres, de sa jeunesse sur un ton parfois sérieux, parfois léger. Il est sage Gilles Vigneault, il prend le temps de penser la vie, de la voir dans ses silences et dans ses soubresauts.

Mon poème préféré est J’écris à la main où il parle de l’incertitude et de l’hésitation devant le choix du mot « Un mot à la fois Avec les incertitudes Et les hésitations » et plus loin « Ah! Si seulement Je pouvais laisser l’inconscient Décider ». Pour terminer sur l’impression de lire quelqu’un d’autre lorsque l’on recopie tous nos mots à la dactylo. C’est beau! Touchant! Inspirant!

Je n’ai qu’un regret, l’avoir emprunté à la bibliothèque plutôt que de l’acheter. Mais c’est Noël bientôt et qui sait, peut-être sera-t-il sous le sapin?

Celli

Les envolées de Celli, Les Mots, Poésie

Qu’est-ce qu’on écrit un 16 novembre?

Que le crépuscule tombé trop tôt

Reprends sa magie

Maintenant que la neige est arrivée

 

Que la musique d’un spectacle

Nous rappelle

Les chatouillis de l’adolescence

 

Que la folie d’un rire

Donne toujours envie

De l’absolu

 

Qu’une lecture nocturne

A ravi notre coeur

Par la beauté de ses mots

 

Que le sourire d’un étranger

Nous a permis de bien terminer

Une journée merdique

 

Qu’un lampadaire hésitant

Donne un air de fête à la soirée

Par sa résistance à s’éteindre

 

Que la vue difficile

Provoquée par les nouvelles en continu

Brouille l’infini

 

Qu’un petit chat

À l’énergie croustillante

Provoque des éboulements

 

Qu’est-ce qu’on écrit un 16 novembre?

Que la vie qui passe

Tout simplement.

 

Celli