Poésie

Jeu de mots / Mots de jeu

Jeu de scrabble

Je suis saoulée de me taire

Moi, ta reine noire

On me met à nu, je me sens jetée

Jusqu’à sentir mon foie se tordre

Je me noie, j’en dégale mes plaies

Dans ma tête

Le statu quo était devenu impossible

Le jour où il dîna dans un déli

Et où il frima tels des pros des gos

Se croyant ni vu ni connu

Chut! Je n’en peux plus de le haïr

KO, j’ai retourner au lac

Celui situé dans l’aire protégée près du zoo

où il ne me nuira plus,

Où je n’aurai plus à vagir devant sa duplicité.

Et qu’enfin mon ébat avec un vrai héros

Répondra à mes vices

Celli

Les envolées de Celli, Les Mots, Poésie

The Earl and me

Automne

Moi

J’ai rencontré the Earl Grey par un beau soir d’automne

Il était là, trônant fièrement sur sa terrasse

Regardant les gens se promener, courir ou lire au milieu de son parc.

Celui qui avait connu des batailles,

Mais qui aujourd’hui offrait un havre de paix aux habitants de Québec.

Celui qu’il avait jadis contribué à sauver

Et qu’on appelle chaleureusement Les Plaines.

« Les terres d’un dénommé Abraham Martin me dit-il

Un pilote et pêcheur. »

Et aussitôt mon regard se porte vers le fleuve

Qu’on voit couler calmement derrière lui

Alors que la nuit tombe doucement

Et que l’horizon s’illumine peu à peu sur l’autre rive.

« C’est beau » lui dis-je

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Hiver

C

Presque chaque jour,

Je rends visite à celui que j’appelle amicalement Earl

Je vais le saluer et prendre des nouvelles

Du fleuve, de son parc, ses gens

Devant lui, des enfants et leurs parents patinent

D’autres avancent sur leurs skis

Et beaucoup s’arrêtent pour admirer la vue

Maintenant sans obstruction puisque les arbres sont dénudés.

« J’ai un peu froid cet hiver. »

Pourtant le ciel est bleu et le soleil brille.

« Je vieillis, je crois. »

« Non, c’est la tempête d’hier

qui vous a glacé autant. »

D

Printemps

E

La pluie printanière ne rend pas Earl maussade

Au contraire, il regarde devant lui

Et voit la nature qui s’éveille,

L’herbe qui réapparaît,

Les jardiniers qui s’activent dans le parc.

« Tout revit. J’entends le fleuve qui coule derrière moi,

les oiseaux qui chantent dans les arbres.

J’aime le printemps parce que le silence hivernal se brise enfin. »

Le lendemain, comme pour le récompenser,

Le soleil brille de tous ses rayons.

« Belle journée pour lire. » me dit-il, remarquant mon livre.

Je souris au vieil homme,

Avant de m’asseoir près de lui pour lui faire la lecture.

F

Été

G

Du fond des plaines,

Earl apparaît en contre-jour

Derrière lui, le fleuve trace un sillon bleu-gris

Alors que la rive-sud se découpe sobrement sur l’horizon

Pour le distancier du ciel d’un bleu éclatant

Je lui raconte ce que je vois

Et cela le rend heureux

Il dit : « Quatre saisons sont passées.

La vie aussi passe et nous nourrit

De couleurs, d’expérience et de beauté. »

La nuit tombe

Et avec elle, s’éveillent tous les rêves.

« Aurevoir Earl! »

Je m’en vais rêver…

H

Poésie

Je ne sais pas pourquoi

Je ne sais pas pourquoi

Un sujet me passionne

Jusqu’à en connaître les moindres détails

Pour le laisser tomber sans me retourner

 

Je ne sais pas pourquoi

Je pratique à fond un art

Au point d’en devenir grand maître

Pour finalement tout remiser au fond du grenier

 

Je ne sais pas pourquoi

J’adore une idole

Tellement que je le talonne par écran interposé

Pour un jour, le destituer sans le remercier

 

Je ne sais pas pourquoi

Je m’intéresse à un pays

À en étudier le moindre itinéraire

Pour finalement l’égarer dans les dédales de ma mémoire

 

Je ne sais pas pourquoi

J’ai tant désiré comprendre les saveurs

Et les apprêter pour le plaisir des palais

Pour m’en lasser alors qu’elles s’affranchissaient enfin

 

Je ne sais pas pourquoi

Je n’utilise pas tous ces acquis

Encore présents dans mon esprit

Pour faire de cet amalgame… une oeuvre

 

Celli

Poésie

Spleen

Traîner son spleen

 

Je n’y peux rien

Chaque année

Il me suit telle une sangsue

Me tirant ma joie de vivre

 

Je pars avec entrain

Joyeuse, gaie

Jusqu’à ce qu’il se rut

Me collant comme un homme ivre

 

Alors j’ai envie de pleurer

Obligée que je suis

De le trainer

Ce spleen qui me pourrit la vie

 

J’erre alors

Sans espoir

À travers le décor

Sans voir

 

Quand enfin se dessine

Devant moi

Dans son officine

Un docteur littéraire courtois

 

Qui s’empresse

De me prescrire

En toute noblesse

Un livre à lire

 

Et voilà le spleen qui s’enfuit

 

Celli

 

 

 

 

 

 

Poésie

10 choses que je déteste du 871

Inspiré du poème écrit par Katarina dans le film 10 choses que je déteste de toi de Gil Junger (scénario de Karen McCullah et Kirsten Smith, 1999), il se veut l’expression de mon désamour envers mon logement, habité par des fourmis… et dont le proprio semble en banaliser l’effet sur la vie des gens tout en se justifiant d’agir conformément à la réglementation.

10 choses que je déteste du 871

Je déteste la manière dont ton proprio me parle

Et la manière dont il me traite de haut

Je déteste la manière dont tes murs craquent

Je déteste surtout ce que tu y gardes à l’intérieur

Je déteste quand tu les laisses s’ouvrir

Pour déverser les reines noires

Je te déteste tellement que ça me rend malade

Que ça me fait même composer

Je déteste la manière que tu te présentes, hautain

Je te déteste parce que tu n’es qu’apparence

Je te déteste lorsque malgré tout, je me sens heureuse chez toi

Et encore plus parce que j’y pleure ma vie

Je te déteste parce que tu me fais me sentir telle une SDF

Me forçant à faire mon baluchon chaque jour

Mais surtout, je déteste le fait que je t’ai choisi pour ton charme

Et qu’en fin de compte, tu m’as trahi.

Celli

Poème original:

http://www.lyricsmode.com/lyrics/0-9/10_things_i_hate_about_you/i_hate_poem.html

Poésie

Ça va être ma fête!

Je réfléchis
À la vie

À ma vie
Je m’interroge

Et ma tête s’engorge

Aussi fort qu’un feu de forge
Je souffre

Mon cœur au fond du gouffre

Odeur de souffre
J’explose

Tel un élan de ménopause

Parfois en psychose
Je me perds

Dans un dédale pervers

Sans somnifère
Je bannis

Tous les on-dit

Sans soucis
Je me sens bête

D’avoir laissé ma tête

Prendre la tête
Je réarrange

Tous les désirs de change

Que j’engrange
Je profite

De cette faillite

Pour repousser les limites
Et enfin, je me lance

En jouissance

Dans la décadence
Celli