Calendrier de l'Avent et plus, Récit

On s’fait-tu une ‘tite toast ?

Jadis, naguère, dans nos rencontres de famille, la soirée se terminait invariablement par un lunch où les toasts (je sais, on doit dire rôtie) étaient à l’honneur. Qu’elles soient grillées sur le poêle à bois ou dans le tout nouveau grille-pain, elles avaient une saveur particulière qui n’égalait pas celle des rôties du matin.

Et afin de les agrémenter, apparaissait comme par magie sur la table des tartinades de fruits ou du caramel, du jambon tranché mince, des cretons et bien sûr la brique de fromage qu’on s’était procurée directe du laitier qui passait par les portes. À tout cela s’ajoutait le café ou le jus de raisins FBI dans sa grosse cruche de vitre.

Cet en-cas de fin de soirée nous permettait de prolonger les discussions, de revenir sur la soirée ou sur le temps des fêtes qui arrivait à sa fin. Et si mon souvenir est bon, il me semble que ce gueuleton pouvait parfois prendre une place plus importante que les autres repas en raison de son caractère plus convivial.

Aujourd’hui, il est plutôt rare que je me fasse des toasts en fin de soirée. Mais lorsque je le fais, je retrouve ce goût particulier de jadis et le plaisir de la conversation nocturne.

Alors, on s’fait-tu une ‘tite toast?

Celli

Poésie, Récit

Mémoires

J’ai voulu un jour lancer une bouteille à la mer afin qu’un message faisant acte de mon existence soit retrouvé par un étranger lointain. Étranger qui s’empresserait de me répondre dans un grand élan épistolaire. Mais, se briserait-elle sur un rocher? Le message survivrait-il à l’atmosphère humide des océans? Voguerait-il pendant des années sans dessein? Ou reviendrait-il sur ses pas, penaud d’avoir échoué?

Devant tant d’incertitude, j’ai renoncé.

Puis, j’ai eu l’idée d’enterrer un coffret dans les fondations d’une maison. Inspirée, j’ai, sur une feuille de papier, raconté un peu de ma vie en espérant que la découverte de mon histoire remplirait d’excitation un futur archéologue fasciné par les « abitations ». Mais comme j’ai quitté ces fondations, comment apprendrais-je sa découverte? Sera-t-elle détruite par les rénovations d’un nouveau propriétaire entreprenant? Ou tout simplement inintéressante puisque dans un futur éventuel, je serai toujours une inconnue?

Devant tant d’incertitude, j’ai oublié.

C’est alors que la technologie m’a appelée pour laisser des traces de mes récits. Avec elle, il n’y avait pas de limites si ce n’est celle de la réciprocité parfois absente. Mais qu’à cela ne tienne, je laissais des traces. Mais qu’arriverait-il si l’hébergement était interrompu? Si par malheur, on prenait ma vie en otage ? Ou si une onde de choc effaçait tout?

Devant tant d’incertitude, j’ai réfléchi.

Pour finalement, comprendre qu’une vie laisse des traces sur les cœurs et sur les mémoires. Et qu’afin que des gens de coeur et de mémoire se rappellent de mes faits et de mes gestes, il me fallait fournir à la postérité une archive où on pourrait se rappeler.

Celli

Calendrier de l'Avent et plus, Récit

On s’fait-tu une ‘tite toast ?

 

Jadis, naguère, dans nos rencontres de famille, la soirée se terminait invariablement par un lunch où les toasts (je sais, on doit dire rôtie) étaient à l’honneur. Qu’elles soient grillées sur le poêle à bois ou dans le tout nouveau grille-pain, elles avaient une saveur particulière qui n’égalait pas celle des rôties du matin.

Et afin de les agrémenter, apparaissait comme par magie sur la table des tartinades de fruits ou du caramel, du jambon tranché mince, des cretons et bien sûr la brique de fromage qu’on s’était procurée directe du laitier qui passait par les portes. À tout cela s’ajoutait le café ou le jus de raisins FBI dans sa grosse cruche de vitre.

Cet en-cas de fin de soirée nous permettait de prolonger les discussions, de revenir sur la soirée ou sur le temps des fêtes qui arrivait à sa fin. Et si mon souvenir est bon, il me semble que ce gueuleton pouvait parfois prendre une place plus importante que les autres repas en raison de son caractère plus convivial.

Aujourd’hui, il est plutôt rare que je me fasse des toasts en fin de soirée. Mais lorsque je le fais, je retrouve ce goût particulier de jadis et le plaisir de la conversation nocturne.

Alors, on s’fait-tu une ‘tite toast?

Celli

Calendrier de l'Avent et plus, Fêtes et événements, Récit

Les cartes de Noël

Les cartes de Noël écrites à la main et envoyées par la poste juste à temps pour Noël est une tradition qui tend à se perdre mais qui serait oh combien! Intéressante à faire revivre. L’art de la lettre, de la carte de vœux est un art qui me tient particulièrement à cœur.

S’asseoir et prendre le temps d’écrire des mots dans une carte ou sur un beau papier à lettres a quelque chose de poétique et de singulier. On écrit de nos nouvelles, des sentiments que l’on veut exprimer, une belle chose que l’on a faite ou des souhaits bien sentis pour une personne aimée.

J’envoie encore des cartes de Noël et d’anniversaire. Certaines traditionnelles et d’autres par voie de courriel. Entre les deux, je préfère les traditionnelles. Choisir ou créer la carte, lire ou écrire le message me donne un sentiment de pur bonheur. C’est un peu fleur bleue, ancien, mais j’adore, je n’y peux rien.

Quand j’étais petite, le premier samedi de décembre était consacré à l’envoi des cartes. Ma mère à la famille et aux amis, mon père, à ses clients. Mon frère et moi avions aussi nos cartes à envoyer à nos cousins et cousines, en plus d’aider mon père avec son mailing. Il fallait plier les cartes, ajouter le stylo cadeau, adresser les enveloppes, une soirée entière y passait.

Boîte aux lettres

C’est un peu cette tradition que je perpétue en ce début de décembre lorsque je m’installe à la table et que j’écris mes cartes de Noël. Elle s’est modifiée avec les années, mais elle est toujours aussi agréable à vivre. J’y pense, qui aimerait que je lui envoie une carte cette année?

Celli

Fêtes et événements, Récit

Les décorations de Noël

La fin de semaine qui suivait le magasinage, ma mère sortait la boîte contenant les décorations de Noël. Chaque fois, c’était comme si mon frère et moi découvrions des merveilles, comme si nous n’avions jamais vu le contenu de cette boîte. Il y avait des boules pour le sapin, des guirlandes, les motifs pour faire des dessins en neige artificielle dans les fenêtres, les figurines reçues au fil des ans, et cetera. Il y avait aussi l’ange illuminé que je mettais dans ma chambre et qui me permettait de lire très tard sans qu’on me dérange 😊

Pendant longtemps, nous avons monté le sapin artificiel vert et bleu dans un coin de la cuisine. Puis quelque part au début des années1980, après les rénovations faites à la pièce, le sapin a perdu sa place. Pour compenser, on s’est concentré sur les guirlandes et les figurines. On décorait les fenêtres de neige artificielle et de lumières et on attachait la corde pour les cartes de Noël. À elle seule, elle pouvait décorer tout un mur. Il y avait aussi la crèche que l’on plaçait maintenant sur une étagère de la bibliothèque.

Sinounou Noël

Mais l’absence de sapin était largement compensée par la manière dont la table était montée. La vaisselle spéciale, les plats de services remplis de gourmandises délicieuses, la nappe aux couleurs festives, il était là notre sapin.

 Table de Noël vers 1980

À l’extérieur,  c’est mon père qui avait la responsabilité des décorations et il fallait que ça brille. Il en mettait au magasin, sur le garage et autour de la galerie de la maison. Une année, un ami propriétaire d’épicerie lui avait donné un authentique Père-Noël de la compagnie Coca-Cola grandeur nature que nous avons exposé et éclairer pendant plusieurs années.

 Ce sont de beaux souvenirs. Encore aujourd’hui, j’ai un petit élan de nostalgie lorsque je sors ma propre boîte de décorations. Et j’y trouve toujours quelque chose de réconfortant à mélanger passé et présent juste en reproduisant des gestes que je fais depuis si longtemps. Et pour commencer cette période d’Avent les festivités de fin d’année, rien ne peut être plus plaisant.

Celli

 

 

Fêtes et événements, Récit

Halloween

Des premières fois où j’ai passé l’Halloween, je me souviens surtout de la noirceur. Les lampadaires de rue étaient rares et entre les maisons, il y avait des espaces de pénombre d’où pouvait si on avait envie d’y croire surgir un feu-follet ou un loup-garou.

Heureusement, nous étions un bon groupe d’amis qui cheminait ensemble allant dans les maisons du voisinage pour recueillir le plus de bonbons et mini barres de chocolat possible. Les pommes nous intéressaient peu, elles finissaient la plupart du temps en compote. Avec le temps, nous avions appris à quels endroits nous recevrions les meilleures friandises.

Encore aujourd’hui, je me souviens de la sensation étrange qui me tenait au ventre. Elle avait quelque chose qui relevait tant de la peur que de la bravoure. En personnifiant quelqu’un d’autre pendant quelques heures, je devenais plus courageuse même devant la possibilité qu’un feu-follet ou un loup-garou émerge d’un fossé obscur. Il suffisait de rester sur le chemin. Enfin, sur l’accotement du chemin, puisqu’en en bordure de la route nationale, le danger vient plus souvent des machines que des personnages de légende.

Je me souviens tout particulièrement de la dernière année où j’ai passé l’Halloween puisque je l’ai fait deux fois.  Avant le souper avec mon petit frère pour ensuite recommencer avec une amie qui habitait au village. Ce soir-là, j’ai certes reçu le double de bonbons, mais sans l’atmosphère nocturne que j’aimais tant. Car en plein village, la lumière est telle qu’elle chasse toute la noirceur. Je me suis quand même bien amusée même si entre les habitations, il n’y avait pas d’obscurité insondable pour donner à la légende une chance de se matérialiser.

La chose s’est reproduite des années plus tard avec mon fils. En ville, les lampadaires sont si nombreux qu’aucune noirceur ne peut entretenir ce frisson halloweenesque. Pas même le spectacle de fumée et de mains sortant d’outre-tombe que faisait un voisin du quartier! Et c’est bien dommage parce que la nuit de l’Halloween tout est possible et que trop d’éclairage tend à chasser la légende.

Celli

P.S.

Légende des feux-follets http://touslescontes.com/biblio/conte.php?iDconte=371

Légende du loup-garou http://touslescontes.com/biblio/conte.php?iDconte=589

Récit

Fondue chinoise

Dans ma famille, la fondue chinoise – qui n’a rien de chinois d’ailleurs – est l’occasion de se réunir autour de la table et de rire, fêter, se délecter toute la soirée durant.

Quelque part dans les années 1980, lorsque les fondues bourguignonne et chinoise ont fait leur arrivée sur nos menus, on y a vu l’occasion d’enfin tous s’asseoir autour de la table sans que nos mères aient à servir les assiettes et doivent manger rapidement avant de passer au prochain.

Je crois que c’est à partir de ce moment-là que nous, pauvres idiots heureux, avons pris conscience du travail accompli par nos mères lors des soupers des fêtes. J’avoue! Ce n’est que bien des années plus tard lorsque nous sommes tous sortis de l’adolescence que nous avons vraiment agis afin qu’elles puissent profiter des repas de fête en famille elles aussi.

Nous avons alors multiplié les thèmes, les chefs, les préposés aux services, les plats à faire, et cetera. Mais lorsque le temps nous manquait, lorsque nous voulions simplement nous voir sans flaflas, la fondue chinoise s’imposait d’elle-même. En quelques minutes, on organisait le tout pour ensuite — tous assis autour de la table – profiter des plaisirs du moment présent.

J’y pense… C’est pour quand la prochaine fondue?

Celli

https://cellirelcenecrivaine.wordpress.com/2016/05/15/menu-gastronomique-facile-1986/