Récit

Le parc Jarry

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Je suis allée une seule fois au Parc Jarry voir jouer les Expos de Montréal. J’en garde un très vague souvenir si ce n’est qu’à la troisième manche, il a plu et que nous avons quitté. Et que l’attente dans le stationnement a été longue parce que mon père et mon oncle avait décidé de rester en pensant qu’on était à l’abri dans la voiture. Sauf qu’on n’avait pas les clés.

L’automne dernier, j’ai voulu y retourner pour voir comment avait évolué le parc. Eh bien! je ne l’ai pas revu. Une rangée de cônes orange obstruait la route et une file de voiture interminable attendait pour prendre le détour. J’ai laissé faire.

J’avais tout de même vu au Musée Grévin, une statue de Gary Carter, receveur des Expos de 1974 à 1984 et entendu la voix de Rodger Brulotte sur la retransmission d’un match ayant eu lieu par une belle journée ensoleillée.

Et en fouillant dans mes archives, j’ai retrouvé un menu du casse-croûte des Expos. Le problème, c’est que je n’arrive pas à me souvenir si on avait eu le temps de manger un hot dog ??

Celli

Récit

La route de grand-maman

Sainte-Louise

 

Jadis pour aller chez ma grand-mère, on devait prendre une route à travers les champs dont le centre était coupé par une track de chemin de fer et l’horizon peuplé de montagnes. On arrivait alors aux quatre chemins à l’entrée du village où il nous suffisait de continuer tout droit vers la croix de chemin. Et ce n’est qu’à son pied que l’on tournait vers la gauche pour se rendre chez grand-maman.

La route de terre nous faisait bondir un peu dans nos sièges et si on prenait le haut de la côte à une vitesse suffisamment rapide, on sentait des frissons dans le ventre comme si on était dans un manège.

Après le saut, on rentrait, juste après le pont de la rivière, à l’intérieur d’une grande arche bordée d’arbres dont on ne sortait qu’à l’arrivée de l’entrée de la ferme. Et là, apparaissait en toile de fond, les montagnes vertes de la chaîne des Appalaches bonifiant l’effet des champs en culture et des bâtiments gris.

Parfois, les animaux broutaient dans le champ juste à droite du champ de blé d’Inde qui comportait en son centre un petit monticule où on pouvait se cacher pour conspirer entre cousins.

Près de la maison, le jardin brillait de toutes les couleurs des légumes cultivés. Et si on restait assez longtemps pour que la nuit tombe, il y régnait une noirceur si excitante qu’on ne pouvait résister à l’envie de se rendre au pont pour admirer les étoiles et parfois, les aurores boréales.

Cette noirceur parsemée d’étoiles et de lampadaires de route nous accompagnait sur le chemin du retour jusqu’à ce qu’on atteigne l’intersection de la grande route. À partir de là, c’était le chemin du retour vers la maison.

Celli

Récit

La machine à liqueur

machine à liqueur

Source photo : Pinterest – Drinks I like

 

Devant l’atelier de mon père trônait LA machine à liqueur. Lieu de convoitise et de délectation.

De convoitise parce qu’il était parfois long d’attendre la fin de la journée pour ramasser les bouchons et espérer que les buveurs de liqueur douce n’aient pas pris la peine d’enlever le cercle de caoutchouc au fond du bouchon. Ce cercle aussi banal puisse-t-il paraître était précieux pour obtenir sur la carte cadeau du fournisseur la stéréo design sur pied. Sous chaque bouchon se trouvait le nom d’un chanteur ou d’une chanteuse et si on remplissait la carte tel un bingo, alors on gagnait la fameuse stéréo.

Je la voulais tellement que même si je trouvais sous le bouchon une liqueur gratuite, j’avais l’impression d’avoir perdu un tour. Enfin… Tout ça pour dire que je n’ai jamais eu le bouchon avec le nom de Patsy Gallant et que par le fait même, la stéréo. Ce fut une si grande déception que pendant quelque temps, j’en ai voulu un peu à madame Gallant…

Car rien n’égale le crème soda. La marque Fanta surtout. Celui qui à une époque posait des questions sous le bouchon. L’après-midi quand je gagnais le privilège de pouvoir aller me chercher un crème soda dans le frigidaire et de m’en délecter, il y avait comme de la magie dans l’air.

Le son du .25¢ – vous avez bien lu .25¢ – dans le collecteur de monnaie, l’odeur du frigidaire en ouvrant le couvercle, le son de la bouteille qui suit son chemin jusqu’à la clenche de sortie qui frappe le métal dès que la bouteille est délivrée pour finir avec le son des bulles en enlevant le bouchon à l’aide de l’ouvre-bouteille intégré. Et non, pas de bruit de bouchon au fond de la boîte à cet effet parce que j’ai mis ma main et je l’ai gardé pour lire la question pendant que je me délecte du soda, assise sur le trottoir devant le magasin. Magique!

Aujourd’hui, je bois au moins un crème soda par année et il ne vient pas d’une machine à liqueur. Leurs sons et leurs lumières n’ont plus rien de féérique et c’est bien triste.

Celli

Récit

Bonne fête Celli!

La naissance est un événement heureux et c’est sûrement pour se rappeler ce jour spécial que tous les ans, on le célèbre sinon le souligne.

Qu’il soit paisible, joyeux, schizophrénique, surprenant, solitaire, il vient nous rappeler que notre existence sur terre a maintenant une année de plus à rapporter à l’histoire de sa vie.

Qu’on aime ou pas se faire rappeler qu’on vieillit, il n’en demeure pas moins que de savoir qu’on se souvient de vous ne serait-ce que quelques minutes par an, nous ancre dans le monde.

Ce petit velours que nous font les vœux qu’ils soient virtuels, sur papier ou en personne reste un souvenir fameux qui ne nous quitte pas même si parfois, il se retrouve archivé derrière un ensemble d’événements quotidiens.

Et que dire des rencontres que l’on organise pour célébrer le jubilaire ? J’adore concevoir des fêtes à l’image de la personne qui vient d’ajouter une bougie à son gâteau. Même la mienne, j’aime l’organiser pour être entourée de ceux que j’aime. Cela ne m’empêche pas de rêver d’une surprise-party où je n’aurais qu’à savourer l’honneur qui m’est fait.

Comme le jour de mes dix ans où ma mère avait réuni tous mes amis et qu’on avait fêté pas mal tard pour un jour d’école. J’en ai gardé de précieux souvenirs. Et c’est probablement pour cela que je passe une bonne partie de mon temps à lire sur les fêtes et les anniversaires et que j’aime partager toutes ces connaissances avec le monde entier, tient!

À tous et à chacun, je souhaite que votre anniversaire ou prochain anniversaire soit le plus heureux et qu’il enrichisse vos souvenirs pour très longtemps.

Celli

Poésie, Récit

Mémoires

J’ai voulu un jour lancer une bouteille à la mer afin qu’un message faisant acte de mon existence soit retrouvé par un étranger lointain. Étranger qui s’empresserait de me répondre dans un grand élan épistolaire. Mais, se briserait-elle sur un rocher? Le message survivrait-il à l’atmosphère humide des océans? Voguerait-il pendant des années sans dessein? Ou reviendrait-il sur ses pas, penaud d’avoir échoué?

Devant tant d’incertitude, j’ai renoncé.

Puis, j’ai eu l’idée d’enterrer un coffret dans les fondations d’une maison. Inspirée, j’ai, sur une feuille de papier, raconté un peu de ma vie en espérant que la découverte de mon histoire remplirait d’excitation un futur archéologue fasciné par les « abitations ». Mais comme j’ai quitté ces fondations, comment apprendrais-je sa découverte? Sera-t-elle détruite par les rénovations d’un nouveau propriétaire entreprenant? Ou tout simplement inintéressante puisque dans un futur éventuel, je serai toujours une inconnue?

Devant tant d’incertitude, j’ai oublié.

C’est alors que la technologie m’a appelée pour laisser des traces de mes récits. Avec elle, il n’y avait pas de limites si ce n’est celle de la réciprocité parfois absente. Mais qu’à cela ne tienne, je laissais des traces. Mais qu’arriverait-il si l’hébergement était interrompu? Si par malheur, on prenait ma vie en otage ? Ou si une onde de choc effaçait tout?

Devant tant d’incertitude, j’ai réfléchi.

Pour finalement, comprendre qu’une vie laisse des traces sur les cœurs et sur les mémoires. Et qu’afin que des gens de coeur et de mémoire se rappellent de mes faits et de mes gestes, il me fallait fournir à la postérité une archive où on pourrait se rappeler.

Celli

Calendrier de l'Avent et plus, Récit

Les cartes de Noël

Les cartes de Noël écrites à la main et envoyées par la poste juste à temps pour Noël est une tradition qui tend à se perdre mais qui serait oh combien! Intéressante à faire revivre. L’art de la lettre, de la carte de vœux est un art qui me tient particulièrement à cœur.

S’asseoir et prendre le temps d’écrire des mots dans une carte ou sur un beau papier à lettres a quelque chose de poétique et de singulier. On écrit de nos nouvelles, des sentiments que l’on veut exprimer, une belle chose que l’on a faite ou des souhaits bien sentis pour une personne aimée.

J’envoie encore des cartes de Noël et d’anniversaire. Certaines traditionnelles et d’autres par voie de courriel. Entre les deux, je préfère les traditionnelles. Choisir ou créer la carte, lire ou écrire le message me donne un sentiment de pur bonheur. C’est un peu fleur bleue, ancien, mais j’adore, je n’y peux rien.

Quand j’étais petite, le premier samedi de décembre était consacré à l’envoi des cartes. Ma mère à la famille et aux amis, mon père, à ses clients. Mon frère et moi avions aussi nos cartes à envoyer à nos cousins et cousines, en plus d’aider mon père avec son mailing. Il fallait plier les cartes, ajouter le stylo cadeau, adresser les enveloppes, une soirée entière y passait.

Boîte aux lettres

C’est un peu cette tradition que je perpétue en ce début de décembre lorsque je m’installe à la table et que j’écris mes cartes de Noël. Elle s’est modifiée avec les années, mais elle est toujours aussi agréable à vivre. J’y pense, qui aimerait que je lui envoie une carte cette année?

Celli

Récit

Fondue chinoise

Dans ma famille, la fondue chinoise – qui n’a rien de chinois d’ailleurs – est l’occasion de se réunir autour de la table et de rire, fêter, se délecter toute la soirée durant.

Quelque part dans les années 1980, lorsque les fondues bourguignonne et chinoise ont fait leur arrivée sur nos menus, on y a vu l’occasion d’enfin tous s’asseoir autour de la table sans que nos mères aient à servir les assiettes et doivent manger rapidement avant de passer au prochain.

Je crois que c’est à partir de ce moment-là que nous, pauvres idiots heureux, avons pris conscience du travail accompli par nos mères lors des soupers des fêtes. J’avoue! Ce n’est que bien des années plus tard lorsque nous sommes tous sortis de l’adolescence que nous avons vraiment agis afin qu’elles puissent profiter des repas de fête en famille elles aussi.

Nous avons alors multiplié les thèmes, les chefs, les préposés aux services, les plats à faire, et cetera. Mais lorsque le temps nous manquait, lorsque nous voulions simplement nous voir sans flaflas, la fondue chinoise s’imposait d’elle-même. En quelques minutes, on organisait le tout pour ensuite — tous assis autour de la table – profiter des plaisirs du moment présent.

J’y pense… C’est pour quand la prochaine fondue?

Celli