Récit

Goélettes de mon cœur ♥️

Au départ du traversier de l’Ile-aux-Coudres, vers 1972


Le Mont-Ste-Marie


La réplique de l’Amanda-Transport

Et

Une lecture sur le Marie-Clarisse

http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/transports/201704/14/01-5088771-marie-clarisse-ii-en-cale-seche-faute-dargent-et-damour.php

Celli

Récit

L’Envolée de Celli – Tornade

 

L’année de mes 8 ans, il y a eu à Saint-Jean-Port-Joli une tornade qui a détruit la plupart des habitations, arbres et autres objets qui se sont trouvés sur son passage. Et pourtant, la soirée s’annonçait calme et attrayante comme toutes soirées entre amis…

Mes parents avaient pour habitude de toujours nous traîner avec eux. Rarement se faisait-on garder le soir pour ce genre de sorties conviviales entre amis. On se retrouvait donc souvent, mon frère et moi, en compagnie d’adultes. J’adorais les écouter. Si notre présence en énervait certains, la plupart ne s’en formalisaient pas.

Comme ce soir-là chez B. où, on avait eu le droit de rester au salon pour regarder le film sur le voyage de sculpture de B. et J. en Allemagne. Comme il avait un projecteur de film, il allait le présenter à notre famille, mais aussi à D. et sa femme. Dehors on entendait le vent et la pluie. Mais bon, un orage l’été, ce n’est pas quelque chose qui est hors du commun.

Jusqu’à ce que la belle-soeur de D. qui gardait les enfants de ce dernier appelle pour dire que le toit de la maison venait d’être arraché par une tornade.  Sans attendre D., B. et mon père sont sortis pour aller porter secours. Papa raconte d’ailleurs dans son journal l’événement tel qu’il l’a vécu et vu.

« On sort de chez B., le vent est si fort qu’il nous jette à terre, en rampant on gagne le char et on monte. On passe par-dessus le toit du garage de L. et tout le long du parcours, la route est remplie de toutes sortes de choses poussées par le vent. En arrivant sur le dessus de la côte, des feuilles de tôles jonchaient la route. C’était l’atelier à D. Chez nous, les châssis étaient ouverts et la cuisine était pleine d’eau. Le lendemain, corvée chez L. et chez D. »

C’est aussi ce qu’on a vu sur le chemin lorsque papa est revenu nous chercher. Et l’eau qu’on a ramassée dans la maison et le bruit du vent… C’était ma première tornade et j’espérais du haut de mes 8 ans, la dernière. D’ailleurs, depuis ce jour, chaque fois qu’il vente un peu trop, c’est cette peur d’enfance qui se réinstalle dans tout mon être. Je me revois blottie dans les bras de ma mère à écouter le vent et la conversation de femmes tentant de ne pas trop laisser paraître leur inquiétude.

Heureusement, cette tornade n’a fait que des bris matériels. Et le lendemain, tous ont mis la main à la pâte pour aider les familles éprouvées. La tornade avait certes fait des ravages, mais elle avait aussi permis un bel élan de solidarité.

Celli

Récit

Les envolées de Celli – Des chiffres et des lettres

 

En cette semaine un peu surréaliste, voici quelques pensées qui ont surgi comme un pop up sur mon écran alors que je planche sur mes travaux de fin de session.

 

382 millions d’heures:

Ce sont de touchantes histoires que j’ai lues tout au long de la semaine des proches aidants. L’histoire de gens qui prennent soin de membres de leur famille dans l’ombre, sans tambour ni trompette. Des millions d’heures et des milliards de dollars qu’on occulte et qu’on ne reconnait ou ne paie pas.  Et pourtant, d’après une étude faite en 2015, « s’appuyant sur la méthode du coût de remplacement généraliste, l’étude montre que pour remplacer, les 382 millions d’heures par an en soutien fourni par les proches aidants,  il en coûterait à l’État québécois entre 4 et 10 milliards de dollars par année, selon le taux horaire retenu dans ce calcul. » (1) Si vous en croisez un, dites-lui bravo! Et espérez avec eux une meilleure reconnaissance de cet engagement de la part de la société et du gouvernement.

(1) http://www.observatoirefamille.inrs.ca/relations-avec-les-institutions/le-travail

 

Les mots de Leonard Cohen

Quelle triste nouvelle que celle de la mort de Leonard Cohen, poète, romancier et chanteur de grand talent ! Ces mots et sa musique lui survivront…

Chaque caillou (2)

Chaque caillou rêve de lui-même
Chaque feuille a un projet
Le soleil a le désir
de voyager sur un rayon
Vaincu je ne peux offrir
mon coeur à la paix sainte
parce que je rêve de chaînes
et je rêve de liberté

J’ai dit cela au prisonnier
qui a tué celui que je hais
J’ai dit cela au mineur qui
a extrait mon assiette d’or
Ainsi je vis en enfer
car je rêve que l’enfer est
la distance que j’ose mettre
entre ma main et la sienne

J’ai rêvé de mon corps cette nuit
J’ai rêvé de l’univers
J’ai rêvé j’ai rêvé un millier d’années
afin de répéter
les sept jours des merveilles
quand, tiré de la brume
j’étais vêtu de nudité
et souffrais d’exister

J’ai rêvé qu’on me donnait une chanson
comme seule preuve
que ma vraie demeure avec toi
n’a ni poutres ni chevrons
ni fenêtres pour voir au-dehors
ni miroirs pour voir au-dedans
ni chansons pour en sortir
ni mort pour commencer

O mon enfant voici ton rêve humain
voici ton sommeil humain
et ne désire pas tant grimper
loin de ce qui est sain et profond
J’aime le rêve que tu as commencé
sous l’arbre toujours vert
J’aime le caillou et le soleil
et tout ce qui se trouve entre eux

Et pour cette conversation
dans la première lumière de l’aube
J’offre ces jours mesquins
qui s’effilochent sous tes yeux
Et je ne sais combien de jours
passeront avant ma délivrance
et ce qui restera de cette chanson
que tu as mise sur la langue de ta créature

Montréal, 1978

(2) http://www.leonardcohensite.com/poems.php

 

Autour de 55%

C’est le taux de participation aux élections américaines. Divisé ensuite par candidat, est-ce assez pour légitimer un président?

 

Mes mots

Tous ceux que j’ai réussi à aligner dans un ensemble cohérent pendant toute cette semaine alors que les chiffres et les nombres me bombardaient. Comme maman me décrivant sa recette de chocolat à la menthe pour les besoins de mon travail sur les coutumes et rituels des fêtes.

 

J’écris cela et tout au fond de mes pensées, le nombre 8 se fraie un chemin pour que je n’oublie pas de m’acheter des chocolats à la menthe After eight!!!!

 

Celli

Récit

Voyage en automobile

Quand j’étais petite, j’avais du plaisir à faire les longs voyages en voiture. C’était toujours une belle aventure d’aller voir nos cousins et cousines en ville. Le voyage de Saint-Jean-Port-Joli à Montréal durait 3 heures. Des milliers de miles à l’époque dont nous profitions, mon frère et moi, inventer de nouveaux jeux, lire, se chicaner un peu ou faire un des trucs que nous avions glissés dans notre sac d’activités pour la voiture. Juste choisir ce que nous allions apporter était une aventure en soi!

Cependant, ce qui faisait la beauté de ces voyages, c’était de manger le lunch que ma mère avait pris soin de faire spécialement pour le voyage. Parce qu’on n’allait pas aller perdre du précieux temps dans un restaurant quand même! Ce qui avait pour effet que nous demandions rarement « quand est-ce qu’on arrive? » — on savait presque par coeur tous les noms de sorties sur l’autoroute. Non, nous demandions plutôt « quand est-ce qu’on mange? » Et à mon souvenir, nous ne dépassions que rarement Nicolet. Même que je pense qu’une fois, nous avions mangé en entrant sur l’autoroute… Mais la plupart du temps, je dirais que Québec dépassée, notre impatience se faisait entendre. Alors maman, selon son degré de patience, sortait de son sac  ce qui allait constituer notre repas. Il y avait des sandwiches faits maison avec parfois des bâtonnets de carottes ce qui excluait pour ce voyage les mini barres de chocolat et les mini sacs d’arachides en format Halloween.  Toutefois, il y avait  presque toujours des gâteaux Vachon et des pommes sans oublier les bouteilles de liqueur avec des pailles. Et pour nos parents, du café efficacement conservé dans LE thermos aux couleurs de la pêche à la mouche. Pour mon frère et moi, c’était magique de pouvoir manger les aliments que nous convoitions dans les publicités (Voir celle des gâteaux Pique de Vachon https://www.youtube.com/watch?v=ReiWmZ1962c).

C’était un moment précieux, en famille, entouré par les paysages qui défilaient sous nos yeux. Une vingtaine de minutes environ à savourer la vie presque en silence avant de rependre le voyage là où nous l’avions laissé.

Celli

 https://cellirelcenecrivaine.wordpress.com/2018/07/26/menu-pour-un-voyage-en-voiture-annees-80/

Fêtes et événements, Récit

Souper meurtre et mystère

Qui a tué Lola?

 Organiser un souper meurtre et mystère est un défi intéressant. Que ce soit à partir d’un jeu de société existant ou que vous décidiez de la créer de toute pièce en scénarisant une intrigue qui vous ressemble.

D’abord, il vous faudra un meurtrier, sa victime et son mobile, puis tous les personnages entourant ces deux derniers afin de semer le doute dans l’esprit de tous les participants. Il vous faudra aussi un thème (milieu du cinéma, famille bourgeoise, une bibliothèque…), une mise en situation, une ambiance, des costumes, de tout pour rendre l’intrigue la plus réaliste possible.

Ou vous y allez avec quelque chose de clés en main, un jeu vendu dans les magasins spécialisés qui établira l’intrigue. Un souper meurtre et mystère à la Agatha Christie où une Miss Marple ou un Hercule Poirot viennent le temps d’un souper, contrecarrer les rêves d’un meurtrier d’avoir commis le crime parfait. Un décor dans un style Angleterre du milieu du XXᵉ siècle, un menu typiquement anglais inspiré des cuisines d’Agatha (sauf pour le dessert peut-être?) et des invités de toutes les classes allant des serviteurs au vieux marquis à la roturière américaine.

Il vous restera seulement à inviter des amis pour participer activement à l’enquête en adoptant le temps d’une soirée les traits d’un fin limier tout en savourant un excellent souper.

Il y a maintenant plusieurs années, nous avions organisé un tel souper pour la fête de Noël du bureau. Nous l’avions joué telle une pièce de théâtre et tout le monde avait essayé de trouver la  ou le coupable. Ç’a été une expérience des plus agréables que d’adapter un jeu existant, trouver les costumes, interpréter nos rôles pour mieux rendre « la pièce » à nos collègues… Et si je me souviens bien, nous avions cassé la baraque. Mes collègues s’étaient bien amusés et nous aussi.

Depuis, j’ai même écrit un scénario. Il ne me manque qu’un meurtrier, une victime et des suspects potentiels.

Celli

https://cellirelcenecrivaine.wordpress.com/2016/06/05/menu-pour-un-meurtre-et-mystere/

Récit

Grit, green, grid, grilled cheese

En cette longue fin de semaine de la Journée des patriotes au Québec, quoi de mieux que d’inaugurer son BBQ en cuisinant des sandwiches au fromage fondu.

Quoi de plus facile que d’étendre sur deux tranches de pain aux grains entiers une bonne épaisseur de beurre et d’y ajouter des fromages tout aussi délicieux les uns que les autres ? Et pendant que votre sandwich grille et que le fromage fond salissant le BBQ dont vous venez juste de faire le nettoyage du printemps, vous entamez une conversation sur la prononciation anglaise du sandwich au fromage fondu.

 

  • Eille! Y’on l’air bon tes green cheese!
  • Mes quoi?
  • Ben tes Green cheese!
  • On dit Grit cheese!

Du fond de la cuisine…

  • Ben non les gars, on dit grid cheese.

Et la jeune qui quitte quelques secondes son écran et de dire…

  • Vous l’avez pas les ancêtres! On dit grilled cheese. On prononce pas le ède de grill. C’est facile grilde chize!
  • Ben moi, c’est des grit cheese que je fais alors… Le ed anglais, il n’est pas dans ma recette.

 

Et cetera, et cetera, et cetera. La discussion peut durer jusqu’aux aurores sans qu’un consensus soit vraiment obtenu. Mais ce n’est pas important, car l’essentiel c’est ce que vous mettez comme ingrédients dans votre sandwich et que lorsque vous le mangez, le fromage coule doucement le long des tranches de pain, de vos mains et à la commissure de votre bouche jusqu’à ce que chacune de vos papilles gustatives s’active et envoie à votre cerveau un message de saveurs sublimes.

Et à partir de là, grit-green-grid-grilled deviennent totalement occulté par l’expérience savoureuse.

 

Celli

https://cellirelcenecrivaine.wordpress.com/2016/05/22/gateau-aux-carottes/

Fêtes et événements, Récit

Faites-le vous-mêmes ou DIY

Créer, faire quelque chose de ses propres mains demande patience et longueur de temps tant pour le concept que la conception.

Personnellement, j’excelle dans le concept. J’ai des idées à la dizaine. Je réussis à en rendre certaines vers un produit fini intéressant alors que d’autres… n’iront jamais plus loin que l’idée, le résultat déficient disparaissant comme par magie. À force d’essayer toute sorte de choses, j’ai fini par trouver les genres que je maîtrisais le mieux comme le scrapbooking, le collage, le quilling. Avec ces disciplines artistiques, je peux m’éclater. Et si je n’arrive pas à dessiner une girafe, ce n’est pas grave, je trouverai bien une image quelque part.

Je suis née dans un milieu d’artistes et d’artisans, mais j’ai toujours beaucoup plus intellectualisé les arts que je ne les ai pratiqués. Et pourtant, j’aurais tellement aimé peindre des paysages, avoir le talent de mettre sur toile l’émotion ressentie et la beauté des couleurs sans qu’elle ait l’air d’une oeuvre faite par un enfant de 5 ans. Mais bon, mon chat a l’air d’un éléphant pas de trompe et mon éléphant d’une vache avec une trompe.

Une chose est sûre, je n’ai jamais abandonné ces heures que je consacre aux activités artistiques. J’en ai besoin. Maintenant que j’ai trouvé des disciplines qui me conviennent, pourquoi abandonnerais-je?

D’ailleurs, l’an dernier, après une formation en quilling (technique de décoration utilisant d’étroites bandelettes enroulées sur elles-mêmes et fixées sur un support ou dans un cadre), la professeur et d’autres élèves avons pris l’habitude de nous réunir au moins une fois par mois pour travailler sur des projets de quilling. Nous alternions d’une table de cuisine à l’autre pour fabriquer des cartes, des toiles, des décorations de Noël, des oeuvres en 3D pendant toute une journée. Malheureusement, la folie de nos vies nous a séparées, mais les oeuvres sont demeurées. De même que les idées de repas grapillées chez l’une et l’autre.

Aujourd’hui, je ne fais plus vraiment de quilling, mais je continue à faire du  collage en alliant écriture et image. Et dans très peu de temps, je sauterai à pieds joints dans une nouvelle aventure qui tournera autour de l’artisanat. Je ne vous en dis pas plus pour l’instant. Mais je peux vous dire que cela me rend vraiment fébrile et très fière. C’est à suivre…

Celli

https://cellirelcenecrivaine.wordpress.com/2016/05/01/menu-party-dartisanat/