Fêtes et événements, Récit

Magasinage de Noël à la manière de 1977

Novembre 1977.

Mes parents, mon frère et moi montons en voiture, direction Lévis et Québec, pour notre pèlerinage annuel dans les grands magasins en vue de faire nos achats de Noël. Frérot et moi sommes très fébriles. Une journée à voir « en vrai » tout ce que la publicité nous promettait déjà chez Woolco, à nous régaler au Coq rôti et à admirer les décorations de Place Laurier pendant que nos parents arpentaient les allées du magasin Pascal à la recherche d’outils ou de vaisselle.

Outre la découverte à travers les allées, je devais aussi faire mes propres achats de Noël. J’avais un total de 6 cadeaux (4 garçons, 2 filles) à faire et un budget durement accumulé d’environ 20$. Depuis que j’avais commencé l’école secondaire, j’avais droit à 1.00$ par semaine pour mes dépenses et en ajoutant ce qui me restait de mon été d’éplucheuse de patates (je vous raconterai un jour 😊), je pouvais prendre la responsabilité de mes cadeaux sur mes épaules. Et j’y arrivais. Il m’en restait même assez pour m’acheter des bonbons et un livre

Tous ces souvenirs pour introduire mon expérience tout de même un peu adaptée de magasinage 2017 à la manière 1977.

 

1)      Le budget : 20$ de 1977 équivaille à 75,88$ disons 76$.

2)      Le lieu : Place Laurier et Place Sainte-Foy a remplacé Les Galeries Chagnon.

3)      À qui : Aujourd’hui 3 garçons, 2 filles et un couple.

 

Avec mon argent en poche et ma liste de noms et d’idées, je suis partie faire mon magasinage des fêtes. Ce n’est pas si difficile de trouver des choses qui rentreront dans mon budget. C’est d’être original et pratique qui l’est un peu plus. Ce sont les garçons qui m’ont causé un peu plus de soucis. Mais après avoir enfin trouvé un filon intéressant… ils y sont tous passés. Désolée, mais cette année, ils auront tous la même chose à quelques détails près. Pour les filles, c’est de trouver quelque chose « dans mes prix » qui s’est avérés plus difficile. Et après de multiples aller et retour entre les magasins, j’ai enfin trouvé ! Me restait seulement à trouver un cadeau pour le couple. Ce qui a été finalement réglé très vite. Il suffit parfois de penser gourmand et le tour est joué

En mangeant il fallait que je dine sur place, condition essentielle de l’expérience 😊 j’ai calculé combien il me restait d’argent et oh joie ! Il me restait assez pour m’acheter un roman et un livre de Lifesavers. Je me suis donc dirigée comme nous le faisions jadis à Place Laurier pour terminer mon aventure.

Je suis revenue chez moi en fin de journée avec tout ce dont j’avais besoin et 1.22$ de monnaie. Reste maintenant à tout emballer comme nous le faisions à l’époque dès notre retour de la ville. Car le lendemain, il était impératif de se mettre à l’écriture des cartes de Noël pour les clients, la famille et les amis.

Revenir dans ses traditions, ça fait tellement de bien!

Celli

P.S. Une photo de mes achats sera publiée le 27 décembre prochain, histoire de ne pas gâcher la surprise  😊 

 

Récit

La boucherie

Chaque année, ma famille faisait boucherie. Pas aux avents comme le veut la tradition, mais plutôt au congé scolaire de novembre. C’était pour nous les enfants, un avant-goût des fêtes de Noël.

À la ferme de mon oncle qui la tenait de grand-papa, on abattait veau, vache, cochon et poules avant de les dépecer pour nourrir la famille tout au long de l’année. Il faut dire que les congélateurs dans la famille étaient énormes!

Toute cette viande, il fallait la découper pour la consommer et nous passions ces jours de congé à découper, emballer et étiqueter tous ces beaux morceaux de viande. Ma mère et ma tante en profitaient aussi pour préparer certains mets pour les fêtes ou pour l’année comme les cretons, tête fromagée et la viande à tourtière. Sans oublier les coupes spéciales comme le rôti de bœuf du jour de l’an ou les spare ribs pour un souper de mets chinois. Il y avait aussi le boudin, mais celui-là, je préfère l’oublier.

Malgré le travail très technique, j’avais trouvé un moyen de laisser aller mes élans créatifs en décrivant de manière bien spéciale les pièces de viande qu’on venait d’emballer. Ainsi lorsque ma mère ou mes tantes fouillaient les mains gelées et le corps presque rentré en entier dans le congélateur, elles retrouvaient un paquet de bœuf haché, par exemple qui racontait une histoire ou se proclamait lui-même le roi des burgers ou un rôti de porc poétique!

Comme quoi, la littérature peut être partout 😉

Celli

https://cellirelcenecrivaine.wordpress.com/2016/06/12/menu-reconfortant-de-chez-maman/

Récit

Effluves de friture

Que ce soit bon ou pas pour la santé, arrive toujours le jour où le désir de bonnes frites bien huileuses, mais aussi croustillantes à souhait se fait sentir. Personnellement, après en avoir mangé de douze à vingt, mon désir subit pour des frites est déjà comblé. Il n’en demeure pas moins qu’il s’agit de friture et qu’il faut en manger avec parcimonie.

Je cuisine très peu à grande huile. Un, j’ai peur et deux, j’ai une sainte horreur de l’odeur de l’huile après la cuisson. Il me semble qu’elle reste imprégnée dans tout pendant des jours et des jours.

Je vous donne un exemple. Il y a sept ans, ma mère avait décidé de récupérer les restes de dinde après les fêtes pour faire des dips à la dinde. Pendant une demi-journée, nous avons cuisiné des dips afin de passer ces restes de l’immense dinde qui avait été achetée pour Noël et dont presque personne ne s’était régalé. Pour la petite histoire, ce fût le dernier Noël de mon père qui est décédé quelques jours après les fêtes. Plusieurs aliments avaient été congelés à cette époque et c’était au tour de la dinde d’être transformée pour éviter de la gaspiller.

Au souper, nous nous sommes régalés de dips généreusement tremper dans la sauce aux cerises. Jusque-là tout va bien. Sauf que… Il y avait ce soir-là une messe anniversaire pour mon père et lorsque nous nous sommes présentés à l’église, toute personne assise dans un rayon de 10 bancs de nous pouvait sentir l’odeur de « cabane à patates frites » qui émanaient de nous tous!! C’était presque gênant. Et que dire du moment où ma mère nous a tous remerciés de l’avoir accompagnée à l’église et de comment elle était contente que les gens aient pu sentir (oui! Oui! Elle a dit sentir!) que nous étions unis. Épique! 😊 Et je m’abstiendrai de vous raconter les lavages, nettoyages en tous genres qui ont été nécessaires pour se défaire de l’odeur surtout sur les manteaux d’hiver.

Depuis, je me suis débarrassé de ma friteuse et je râle si un voisin sort la sienne. Mais une fois par année, juste avant de ranger le BBQ, j’utilise le rond attenant pour faire des beignes et cette année, des dips au poulet de retour pour la première fois depuis sept ans.

Et ces heures de fritures ont comblé tant mon estomac que mes souvenirs. Mon frérot est venu souper et en famille, nous nous sommes tous régalés.

Celli

https://cellirelcenecrivaine.wordpress.com/2016/10/09/corvee-de-beignes-ou-beignets-cest-selon/

 

 

Récit

Goélettes de mon cœur ♥️

Au départ du traversier de l’Ile-aux-Coudres, vers 1972


Le Mont-Ste-Marie


La réplique de l’Amanda-Transport

Et

Une lecture sur le Marie-Clarisse

http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/transports/201704/14/01-5088771-marie-clarisse-ii-en-cale-seche-faute-dargent-et-damour.php

Celli

Récit

L’Envolée de Celli – Tornade

 

L’année de mes 8 ans, il y a eu à Saint-Jean-Port-Joli une tornade qui a détruit la plupart des habitations, arbres et autres objets qui se sont trouvés sur son passage. Et pourtant, la soirée s’annonçait calme et attrayante comme toutes soirées entre amis…

Mes parents avaient pour habitude de toujours nous traîner avec eux. Rarement se faisait-on garder le soir pour ce genre de sorties conviviales entre amis. On se retrouvait donc souvent, mon frère et moi, en compagnie d’adultes. J’adorais les écouter. Si notre présence en énervait certains, la plupart ne s’en formalisaient pas.

Comme ce soir-là chez B. où, on avait eu le droit de rester au salon pour regarder le film sur le voyage de sculpture de B. et J. en Allemagne. Comme il avait un projecteur de film, il allait le présenter à notre famille, mais aussi à D. et sa femme. Dehors on entendait le vent et la pluie. Mais bon, un orage l’été, ce n’est pas quelque chose qui est hors du commun.

Jusqu’à ce que la belle-soeur de D. qui gardait les enfants de ce dernier appelle pour dire que le toit de la maison venait d’être arraché par une tornade.  Sans attendre D., B. et mon père sont sortis pour aller porter secours. Papa raconte d’ailleurs dans son journal l’événement tel qu’il l’a vécu et vu.

« On sort de chez B., le vent est si fort qu’il nous jette à terre, en rampant on gagne le char et on monte. On passe par-dessus le toit du garage de L. et tout le long du parcours, la route est remplie de toutes sortes de choses poussées par le vent. En arrivant sur le dessus de la côte, des feuilles de tôles jonchaient la route. C’était l’atelier à D. Chez nous, les châssis étaient ouverts et la cuisine était pleine d’eau. Le lendemain, corvée chez L. et chez D. »

C’est aussi ce qu’on a vu sur le chemin lorsque papa est revenu nous chercher. Et l’eau qu’on a ramassée dans la maison et le bruit du vent… C’était ma première tornade et j’espérais du haut de mes 8 ans, la dernière. D’ailleurs, depuis ce jour, chaque fois qu’il vente un peu trop, c’est cette peur d’enfance qui se réinstalle dans tout mon être. Je me revois blottie dans les bras de ma mère à écouter le vent et la conversation de femmes tentant de ne pas trop laisser paraître leur inquiétude.

Heureusement, cette tornade n’a fait que des bris matériels. Et le lendemain, tous ont mis la main à la pâte pour aider les familles éprouvées. La tornade avait certes fait des ravages, mais elle avait aussi permis un bel élan de solidarité.

Celli

Récit

Les envolées de Celli – Bonne fête maman!

 

Aujourd’hui, maman a 87 ans. 87 années de vie allant d’un siècle à l’autre. Née l’année de la grande crise de 1929, l’économie domestique a toujours été sa préoccupation première. Bien avant le temps, maman a su recycler, réemployer et parfois réduire.

À la maison, bien des choses se trouvaient transformées en quelque chose de différent. Un ancien drap devenait guenille ou housse, une boîte de conserve, un contenant pour les clous ou la peinture de l’atelier de papa.

Maman cuisinait beaucoup. Elle avait toujours le nez dans un livre de recettes ou une oreille à écouter Françoise Larochelle-Roy[1] à la radio. Elle aimait essayer de nouvelles recettes au grand damne de papa. Encore là, rien ne se perdait. C’est sûrement elle qui a inventé l’art d’apprêter les restes! Chacun de ses repas commençait par une soupe « une soupe, ça te fait un fond pour le reste. » Chacun de ses repas était complet, prévu, pensé, cuisiné à la maison. À travers les clients du magasin, les bateaux à gréer, elle avait toujours le temps de faire ses repas trois services. Il ne manquait de rien. La nourriture, nourrir était sa priorité. Et cela se reflétait dans sa pratique, on sentait qu’elle le faisait avec passion, pas par obligation.

Aujourd’hui, elle ne cuisine plus beaucoup. Depuis la mort de papa, cuisiner pour elle seule, c’est moins intéressant. Mais elle est toujours aussi attentive à ses repas. Elle défend les gens de sa résidence qui travaille à les nourrir. Elle se souvient de sa tâche, des efforts qu’elle fournissait et les transfère sur eux. Ces cuisiniers et serveurs ont une alliée de classe.

Il y a des jours où je me dis que j’aurais dû prêter plus d’attention lorsqu’elle était à la cuisine. Mais à cette époque, c’est mon frère qui s’intéressait à la cuisine. Moi, je n’avais qu’une idée, m’en éloigner. J’avais beaucoup trop à découvrir dans mes livres pour perdre mon précieux temps à regarder quelqu’un faire une recette de rôti de boeuf. Depuis, les choses ont bien changé. Si les livres ne m’ont jamais quittée, la cuisine, elle, est revenue me visiter un jour et je m’y suis intéressée… autrement.

Car  du haut de ses 87 ans, maman est devenue un peu comme notre enfant à mon frère et moi. Les rôles sont maintenant inversés. La mort de papa l’aura anéantie dans son amour, dans sa vie. Mais la cuisine l’allumera toujours. Ce sera toujours l’étincelle qui fera jaillir ses souvenirs, ses idées, sa créativité. Et c’est à travers ces discussions de boustifailles que nous retrouvons celle qui a bercé notre enfance. Et là, c’est tout le bonheur du monde qui vient nous visiter.

Celli

[1] http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/la-capitale/201104/02/01-4385975-la-journaliste-francoise-la-rochelle-roy-seteint.php

Récit

Les envolées de Celli – Des chiffres et des lettres

 

En cette semaine un peu surréaliste, voici quelques pensées qui ont surgi comme un pop up sur mon écran alors que je planche sur mes travaux de fin de session.

 

382 millions d’heures:

Ce sont de touchantes histoires que j’ai lues tout au long de la semaine des proches aidants. L’histoire de gens qui prennent soin de membres de leur famille dans l’ombre, sans tambour ni trompette. Des millions d’heures et des milliards de dollars qu’on occulte et qu’on ne reconnait ou ne paie pas.  Et pourtant, d’après une étude faite en 2015, « s’appuyant sur la méthode du coût de remplacement généraliste, l’étude montre que pour remplacer, les 382 millions d’heures par an en soutien fourni par les proches aidants,  il en coûterait à l’État québécois entre 4 et 10 milliards de dollars par année, selon le taux horaire retenu dans ce calcul. » (1) Si vous en croisez un, dites-lui bravo! Et espérez avec eux une meilleure reconnaissance de cet engagement de la part de la société et du gouvernement.

(1) http://www.observatoirefamille.inrs.ca/relations-avec-les-institutions/le-travail

 

Les mots de Leonard Cohen

Quelle triste nouvelle que celle de la mort de Leonard Cohen, poète, romancier et chanteur de grand talent ! Ces mots et sa musique lui survivront…

Chaque caillou (2)

Chaque caillou rêve de lui-même
Chaque feuille a un projet
Le soleil a le désir
de voyager sur un rayon
Vaincu je ne peux offrir
mon coeur à la paix sainte
parce que je rêve de chaînes
et je rêve de liberté

J’ai dit cela au prisonnier
qui a tué celui que je hais
J’ai dit cela au mineur qui
a extrait mon assiette d’or
Ainsi je vis en enfer
car je rêve que l’enfer est
la distance que j’ose mettre
entre ma main et la sienne

J’ai rêvé de mon corps cette nuit
J’ai rêvé de l’univers
J’ai rêvé j’ai rêvé un millier d’années
afin de répéter
les sept jours des merveilles
quand, tiré de la brume
j’étais vêtu de nudité
et souffrais d’exister

J’ai rêvé qu’on me donnait une chanson
comme seule preuve
que ma vraie demeure avec toi
n’a ni poutres ni chevrons
ni fenêtres pour voir au-dehors
ni miroirs pour voir au-dedans
ni chansons pour en sortir
ni mort pour commencer

O mon enfant voici ton rêve humain
voici ton sommeil humain
et ne désire pas tant grimper
loin de ce qui est sain et profond
J’aime le rêve que tu as commencé
sous l’arbre toujours vert
J’aime le caillou et le soleil
et tout ce qui se trouve entre eux

Et pour cette conversation
dans la première lumière de l’aube
J’offre ces jours mesquins
qui s’effilochent sous tes yeux
Et je ne sais combien de jours
passeront avant ma délivrance
et ce qui restera de cette chanson
que tu as mise sur la langue de ta créature

Montréal, 1978

(2) http://www.leonardcohensite.com/poems.php

 

Autour de 55%

C’est le taux de participation aux élections américaines. Divisé ensuite par candidat, est-ce assez pour légitimer un président?

 

Mes mots

Tous ceux que j’ai réussi à aligner dans un ensemble cohérent pendant toute cette semaine alors que les chiffres et les nombres me bombardaient. Comme maman me décrivant sa recette de chocolat à la menthe pour les besoins de mon travail sur les coutumes et rituels des fêtes.

 

J’écris cela et tout au fond de mes pensées, le nombre 8 se fraie un chemin pour que je n’oublie pas de m’acheter des chocolats à la menthe After eight!!!!

 

Celli