Les envolées de Celli

Mes découvertes

J’adore me promener à travers les étagères des librairies de livres usagés. Fouiller, feuilleter, chercher, s’étirer, tirer un livre et en trouver un autre caché derrière, découvrir une lettre ou une carte postale comme marque-page, retrouver un livre qu’on avait perdu, découvrir un livre mal classé qui finalement est une découverte de première classe, chasser « LE » livre jusqu’à le trouver.

C’est tout simplement divin!

Même en voyage, je ne peux m’empêcher de bouquiner à travers les livres usagés. C’est ainsi que lors de mes dernières vacances à Philadelphie, je suis allée bouquiner à la librairie The Book Trader sur la deuxième rue. Wow! Deux étages de découvertes. J’y ai d’ailleurs trouvé Mastering the art of French cooking de Julia Child (Knopf, 1967). Je ne compte pas, à l’instar de Julie Powell, faire chacune des recettes, mais en explorer certaines et les comparer avec celles de Jehane Benoit… Disons que cette perspective me tente beaucoup.

Comme j’étais sur une lancée dans ma quête de livres, j’ai passé quelque temps Au lieu du livre à Québec d’où je suis ressortie avec le livre Papilles et molécules de François Chartier (Éditions La Presse, 2009), Sur la route de Jack Kerouac et un collectif de Hélène-Andrée Bizier et Robert-Lionel Séguin (Art global, 2004) intitulé Le menu quotidien en Nouvelle-France paru selon le quatrième de couverture comme « un avant-goût du 400e anniversaire de la fondation de Québec ». L’été dernier, j’y avais aussi trouvé le Larousse gastronomique, édition 1984. 🙂

Profitant de ce même élan, je me suis rendue le lendemain au Colisée du livre, rue St-Jean. Le Colisée et moi avons un long passé de fréquentations. Lorsque je suis arrivée à Québec au milieu des années ’80, ça a été pour moi l’endroit par excellence pour trouver mes lectures. Étudiante, pas beaucoup de sous, c’était l’endroit idéal. J’y ai rencontré Mafalda, Marilyn French, Gary Jennings, Jacques Godbout, Louis Caron, Robert Ludlum, Judith Michael et plusieurs autres. Ces rencontres se sont poursuivies encore sur plusieurs années.

Quelle a donc été ma surprise d’apprendre que cette librairie de livres usagés allait fermer dans deux mois! Dans ma tête, des milliers de souvenirs se sont bousculés pour créer chez moi un désir frénétique d’acheter tout ce que je pouvais avant la fin. J’ai encore les épaules endolories d’avoir transporté les tomes 2 et 5 des livres de recettes Qu’est-ce qu’on mange? du Cercle des Fermières et une demi-douzaine de romans.

Cette nouvelle m’a attristée plus que je ne le pensais. C’est comme si une partie de ma vie de jeune adulte s’envolait. J’ai été bien inspirée d’écrire sur cette librairie dans le troisième tome de mon roman graphique. Ainsi, les mots le feront vivre encore, même si dans les faits, il n’existe plus.

Celli