Les envolées de Celli

L’épistolaire

Épistolaire

Question :

Vous souvenez-vous de la dernière fois où vous avez écrit une lettre, l’avez postée et avez attendu un retour de courrier?

Moi, je crois que d’était quelque part vers la fin du siècle dernier lorsque de retour dans mon village natal, j’écrivais à mes amis-ies de la ville. D’ailleurs, j’ai conservé quelques-unes de ces lettres dans un coffret qui contient aussi des cartes de souhaits.

Bien sûr, j’ai reçu quelques lettres d’amis depuis le début du siècle. Et si chaque fois c’était des plus agréables, l’échange épistolaire se fait de plus en plus rare. On n’écrit aujourd’hui qu’en moins de 140 caractères. Mais, qu’arrivera-t-il dans cent ans lorsque des chercheurs voudront étudier les habitudes épistolaires de nos contemporains? Il faudra des serveurs informatiques puissants où des habitudes d’archivages presqu’innée.

Déjà, il ne reste presque plus de trace des courriels envoyés depuis une ancienne adresse et que dire des milliers de snap chat envoyés par les jeunes. Loin de moi l’idée d’être passéiste, je désire plutôt qu’une trace de ces échanges subsistent pour alimenter l’histoire des gens, des familles, des organisations. Que chacun retrouve le droit à l’archive, à la rature, à la destruction et non pas à l’oubli sur un nuage anonyme qui n’a pas pour but de rappeler au mon qu’il y a là matière à histoire.

Ces missives ne sont pas toutes les archives de demain. Et probablement que quelqu’un quelque part a pensé à l’aspect recherche de la chose épistolaire. Mais permettez-moi de vous laisser sur cette parole :

Écrivez des lettres d’amour! Parce que ce sera difficile de trouver des messages Whatsapp au grenier dans 40 ans… (Confidentielles de Jolis rendez-vous)

Celli

Les envolées de Celli

Épistolaire

Québec, le 13 juillet 2013

Cher moi-même,

J’annonce officiellement qu’un putsch organisé par mon cerveau Droit, a présentement lieu au sein du gouvernement de mon cerveau Gauche afin d’étouffer sa gouvernance trop analytique. Le Droit macère depuis trop longtemps ses idées de rébellion créatives et désorganisées, mais combien nouvelles, pour continuer de se tenir à carreau et endurer le diktat organisationnel du Gauche!

Le Gauche qui ordonne d’une telle manière, d’un tel côté, à telle heure, ne pas faire ça ainsi, rester sur le bon chemin, tant de routine, tant de raison. Le Droit n’en peut plus. Il veut flâner le matin, sauter un repas, partir quand il veut, écrire enfin un roman de 500 pages plutôt que d’aller travailler, façonner de nouveaux agissements, ne plus jamais s’enfermer dans la routine.

Il y a maintenant une semaine, le Droit a lancé sa première attaque sur le siège organisationnel du gauche. En témoignent, les premières pages imprimées du roman de 500 pages, la crème glacée fondue tout près du clavier et le message laissé sur le répondeur du patron prétextant une grippe pour mieux rester à la maison et créer. La bataille fut ardue, mais jouissive devant la victoire. Malheureusement, un phénomène naturel, parfois allié, parfois ennemi est venu endormir le Droit. Ce qui a permis au Gauche de se réveiller de bon matin pour barricader le droit et faire ce qu’il y avait à faire : Détruire tout relent créatif apparent. Le Droit, dans son attachement, a tout de même réussi à sauver les feuilles, mais pas la crème glacée.

Deux jours durant le Gauche s’est opposé à la rébellion maintenant le Droit dans une structure rigide ne permettant aucun excès. Jusqu’au jour où le Droit, profondément déprimé devant son projet de roman inachevé, s’abreuva d’alcool pour oublier sa servitude. Ce qui, contre toute attente, eut pour effet de décupler sa créativité et d’étourdir l’organisation du Gauche. Redonnant du coup au Droit une opportunité d’avancement et la possibilité d’une brèche dans les infrastructures du Gauche. Car, devant ce flot d’idées décousues, de décisions prises trop rapidement, de manifestations artistiques débridées, le Gauche avait trop d’endroits où donner de la tête. La nuit, qui l’avait aidé à reprendre du terrain, n’était plus assez longue pour traiter toutes ces informations et les retourner contre le chaos embrumé formé par le Droit.

In vino veritas était devenu le credo révolutionnaire du clan du Droit. Chaque jour abreuver le Gauche de vapeur éthylique et d’idées nouvelles lancées sans but. Créatifs de tous les pays, levez-vous!

Inconsciemment, je sais que le Gauche reviendra un jour en force avec des devises comme un jour à la fois qui auront pour effet de détruire massivement les armes du Droit. Or pour l’instant, je compte savourer pleinement l’état de droit du Droit.

Celli
C2013