Poésie, Récit

Mémoires

J’ai voulu un jour lancer une bouteille à la mer afin qu’un message faisant acte de mon existence soit retrouvé par un étranger lointain. Étranger qui s’empresserait de me répondre dans un grand élan épistolaire. Mais, se briserait-elle sur un rocher? Le message survivrait-il à l’atmosphère humide des océans? Voguerait-il pendant des années sans dessein? Ou reviendrait-il sur ses pas, penaud d’avoir échoué?

Devant tant d’incertitude, j’ai renoncé.

Puis, j’ai eu l’idée d’enterrer un coffret dans les fondations d’une maison. Inspirée, j’ai, sur une feuille de papier, raconté un peu de ma vie en espérant que la découverte de mon histoire remplirait d’excitation un futur archéologue fasciné par les « abitations ». Mais comme j’ai quitté ces fondations, comment apprendrais-je sa découverte? Sera-t-elle détruite par les rénovations d’un nouveau propriétaire entreprenant? Ou tout simplement inintéressante puisque dans un futur éventuel, je serai toujours une inconnue?

Devant tant d’incertitude, j’ai oublié.

C’est alors que la technologie m’a appelée pour laisser des traces de mes récits. Avec elle, il n’y avait pas de limites si ce n’est celle de la réciprocité parfois absente. Mais qu’à cela ne tienne, je laissais des traces. Mais qu’arriverait-il si l’hébergement était interrompu? Si par malheur, on prenait ma vie en otage ? Ou si une onde de choc effaçait tout?

Devant tant d’incertitude, j’ai réfléchi.

Pour finalement, comprendre qu’une vie laisse des traces sur les cœurs et sur les mémoires. Et qu’afin que des gens de coeur et de mémoire se rappellent de mes faits et de mes gestes, il me fallait fournir à la postérité une archive où on pourrait se rappeler.

Celli

Les envolées de Celli

Savoir

 

Tout en écrivant, j’entends dans ma tête, Diane Tell chanter

 

Savoir, malgré les jours difficiles, 

Nous faisons partie d’un film,

Où personne ne meurt à la fin

Savoir…

 

Parce que si on savait, est-ce qu’on ferait autrement? Est-ce que cela influencerait nos choix de vie ou on prendrait exactement les mêmes décisions? Est-ce que j’aurais continué la danse? Et est-ce que j’aurais percé? Est-ce que j’aurais dansé Le lac des cygnes et Casse-Noisette? Ou non et alors il m’aurait fallu choisir une autre orientation de carrière et choisir un programme d’études différent qui n’aurait sûrement pas été le même que celui que j’avais choisi à l’époque. Sauf que je n’aurais pas rencontré celui qui allait devenir mon mari?

 

Savoir qu’il existe quelque part

Debout, entre des milliards

Un homme, un seul, qui me ressemble

Savoir que l’on se fixe un choix ensemble

Que je fasse à ma manière

Rien de ma vie ne l’indiffère

 

Alors est-ce que je veux savoir? Répondre non serait mentir. Pas vraiment est une réponse plus honnête. Car, combien de fois se dit-on « si j’avais su »? Si j’avais su que ça se passerait comme ça, j’aurais… Si j’avais su, je n’aurais pas pris cette décision… Avec des si on va à Paris…

Et est-ce que je veux vraiment aller à Paris? Ou est-ce que je veux juste vivre ma vie? Être libre de prendre des décisions bonnes ou mauvaises, sans savoir… et de les assumer parce que c’est aussi ça la vie!

 

Celli

 

(http://www.parolesmania.com/paroles_diane_tell_65828/paroles_savoir_1126637.html)