Les envolées de Celli

Émetteur/Récepteur

On n’a jamais tant communiqué sans communiquer que depuis que nous pouvons communiquer rapidement et facilement.

Lasswell est un sociologue américain de Chicago dont le modèle de communication de masse demande qu’un émetteur transmette un message à un récepteur qui lui, à l’aide de codes et de canaux de communication établis dans un contexte particulier, essaiera de comprendre ledit message.

Jusque-là, tout va car en théorie tout va bien. Sauf que… une fois sur deux. Que dis-je ? Une fois sur cinq parfois, le récepteur ne répond pas ou répond totalement en dehors du contexte du message. Ainsi frustré, l’émetteur voulant une réponse, prendra l’allure d’un harceleur ou devra se débrouiller sans l’information recherchée pour arriver à quelque chose, et ce parfois, au grand étonnement du récepteur !!!

Bien sûr, tout au long du chemin que parcourras le message, il peut arriver toutes sortes d’événement comme se retrouver dans une zone sans ondes cellulaires, être pris dans un ascenseur avec une pile morte ou plus souvent, ne pas prendre le temps. Mais il arrive aussi que le récepteur ne lise que le titre du message et la première ligne et réponde de manière étrange à l’émetteur. Comme il arrive aussi que l’émetteur manque tellement de clarté que le récepteur se retrouve dans l’impossibilité de répondre adéquatement.

Mais finalement, il importe de prendre le temps de bien lire le message et d’attester de sa réception et si besoin, du moment où on pourra donner une réponse ou de demander des précisions, d’échanger, de rétroagir sur le message, et cetera. Bref, il faut prendre le temps qu’il faut pour bien communiquer et éviter ainsi les imbroglios qui causent des biais de communication allant même jusqu’à l’arrêter totalement.

Voilà ce que j’avais envie de dire en ce début d’année : le souhait bien simple que les gens puissent prendre le temps d’écrire et de lire les missives qu’ils reçoivent dans un acte de rébellion à la dictature de la vitesse. Un peu comme s’ils écrivaient une lettre avec une plume et de l’encre pour qu’elles soient lue à la lueur d’une chandelle.

Celli

Poésie, Récit

Mémoires

J’ai voulu un jour lancer une bouteille à la mer afin qu’un message faisant acte de mon existence soit retrouvé par un étranger lointain. Étranger qui s’empresserait de me répondre dans un grand élan épistolaire. Mais, se briserait-elle sur un rocher? Le message survivrait-il à l’atmosphère humide des océans? Voguerait-il pendant des années sans dessein? Ou reviendrait-il sur ses pas, penaud d’avoir échoué?

Devant tant d’incertitude, j’ai renoncé.

Puis, j’ai eu l’idée d’enterrer un coffret dans les fondations d’une maison. Inspirée, j’ai, sur une feuille de papier, raconté un peu de ma vie en espérant que la découverte de mon histoire remplirait d’excitation un futur archéologue fasciné par les « abitations ». Mais comme j’ai quitté ces fondations, comment apprendrais-je sa découverte? Sera-t-elle détruite par les rénovations d’un nouveau propriétaire entreprenant? Ou tout simplement inintéressante puisque dans un futur éventuel, je serai toujours une inconnue?

Devant tant d’incertitude, j’ai oublié.

C’est alors que la technologie m’a appelée pour laisser des traces de mes récits. Avec elle, il n’y avait pas de limites si ce n’est celle de la réciprocité parfois absente. Mais qu’à cela ne tienne, je laissais des traces. Mais qu’arriverait-il si l’hébergement était interrompu? Si par malheur, on prenait ma vie en otage ? Ou si une onde de choc effaçait tout?

Devant tant d’incertitude, j’ai réfléchi.

Pour finalement, comprendre qu’une vie laisse des traces sur les cœurs et sur les mémoires. Et qu’afin que des gens de coeur et de mémoire se rappellent de mes faits et de mes gestes, il me fallait fournir à la postérité une archive où on pourrait se rappeler.

Celli