Récit

La route de grand-maman

Sainte-Louise

 

Jadis pour aller chez ma grand-mère, on devait prendre une route à travers les champs dont le centre était coupé par une track de chemin de fer et l’horizon peuplé de montagnes. On arrivait alors aux quatre chemins à l’entrée du village où il nous suffisait de continuer tout droit vers la croix de chemin. Et ce n’est qu’à son pied que l’on tournait vers la gauche pour se rendre chez grand-maman.

La route de terre nous faisait bondir un peu dans nos sièges et si on prenait le haut de la côte à une vitesse suffisamment rapide, on sentait des frissons dans le ventre comme si on était dans un manège.

Après le saut, on rentrait, juste après le pont de la rivière, à l’intérieur d’une grande arche bordée d’arbres dont on ne sortait qu’à l’arrivée de l’entrée de la ferme. Et là, apparaissait en toile de fond, les montagnes vertes de la chaîne des Appalaches bonifiant l’effet des champs en culture et des bâtiments gris.

Parfois, les animaux broutaient dans le champ juste à droite du champ de blé d’Inde qui comportait en son centre un petit monticule où on pouvait se cacher pour conspirer entre cousins.

Près de la maison, le jardin brillait de toutes les couleurs des légumes cultivés. Et si on restait assez longtemps pour que la nuit tombe, il y régnait une noirceur si excitante qu’on ne pouvait résister à l’envie de se rendre au pont pour admirer les étoiles et parfois, les aurores boréales.

Cette noirceur parsemée d’étoiles et de lampadaires de route nous accompagnait sur le chemin du retour jusqu’à ce qu’on atteigne l’intersection de la grande route. À partir de là, c’était le chemin du retour vers la maison.

Celli